conquete de l'espace
La conquête de l’Espace (18)
La conquête de l’Espace (18)
La course à la fusée à longue portée et à charge nucléaire (4)
1952
L’incapacité US a mettre au point un missile balistique (héritier du V 2) capable de porter une charge nucléaire les amène à choisir l’autre voie, celle du missile de croisière (héritier du V 1). Les 1ers essais sont probants : http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=MGM-1_Matador et avec une portée de kms mettent l’URSS sous la menace d’une arme plus redoutable encore que celle représentée par B-36 et 47 puisque le missile de croisière ne met pas en danger la vie d’un équipage vu qu’il n’y en a pas. Le prototype du B-52 fait son 1er vol.
Par ailleurs, des progrès incroyables sont obtenus dans l’aviation : le X-2 dépasse Mach 3 : http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Bell_X-2. Le X-3 http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=X-3_Stiletto est par contre un échec pour obtenir des résultats comparables sur de longues distances.
Les USA mettent au point la bombe H d’une puissance 1.000 fois supérieure à la bombe A et ce sera le dernier essai atmosphérique. La Grande-Bretagne met au point sa bombe A (en Australie).
Sur les lignes aériennes civiles, le turbopropulseur (Lockheed Super Constellation) commence à remplacer le moteur à pistons (DC-4 & 6) qui règne depuis la naissance même de l’aviation. Les britanniques franchissent même un pas de plus avec un transatlantique entièrement équipé de réacteurs (De Havilland Comet), mais trop en avance sur son temps et accumulant les accidents, ce sera un échec commercial.
Côté soviétique, les retards s’accumulent dans ces domaines et la guerre de Corée démontre une supériorité US considérable. Le ratio comparé victoires US / victoires Corée du Nord - Chine est supérieur, et de loin, à celui des USA contre Allemagne ou Japon pendant la 2nde guerre mondiale. C’est dire lorsque l’on sait que le MiG-15 est supérieur, sur le papier, au F-86 Sabre, son homologue direct.
Cette année est marquée par une hausse du nombre de tirs côté US et une légère baisse côté URSS mais le matériel utilisé reste le même que celui des années précédentes.
USA : 18 tirs :
14 Aerobee, dont 8 pour l’Air Force (3 échecs) depuis Holloman LC-A et 6 pour la Navy depuis White Sands LC-35
2 tirs de V 2 depuis White Sands LC-33 pour l’Army dont le dernier est un échec et qui sera le dernier de tir de V 2 de l’Histoire.
2 tirs de Viking (8 & 9) depuis White Sands ALA-1 pour la Navy dont la 1ère est lancée sans le faire exprès lors d’un test au sol. Le 2ème atteint l’altitude « normale » de 217 km.
URSS : 22 tirs qui commencent le 1/8 toujours pour les raisons climatiques que l’on connaît à Kapustin Yar et tous pour des tests missiles : 15 tirs de R-2 (SS-2) et 7 de R-1 (SS-1), la campagne s’achevant le 21/11.
La dernière purge stalinienne frappant les « blouses blanches » et Lyssenko (http://poilagratter.over-blog.net/article-lyssenko-et-le-lyssenkisme-110743821.html) étant porté aux nues, la science soviétique accuse un retard malgré le talent du couple Korolev – Glouchko.
Korolev (au centre) et son équipe
La conquête de l’Espace (17)
La conquête de l’Espace (17)
La course à la fusée à longue portée et à charge nucléaire (3)
1951
Une année toujours marquée par l’ « effort » que demande la guerre de Corée et qui impose un ralentissement à la conquête spatiale : 10 tirs US comme en 1950 contre 28 en 1949. Pour l’URSS : 25 tirs contre 10 en 1950 aussi et 31 en 1949. Manifestement, l’URSS semble « digérer » l’effort de guerre plus facilement que les USA.
Il est vrai que les programmes militaires américains sont d’une autre ampleur dans d’autres domaines que ceux de l’URSS à la traîne sauf pour le remarquable MiG 15. Car les USA mettent au point en cette période des avions formidables comme les B-36 et B-47, seuls vecteurs à cette époque rappelons-le, pour la bombe A. Enfin, après l’abandon du chantier du porte-avions géant United States qui devait embarquer des quadrimoteurs de bombardement nucléaire, les USA s’apprêtent à mettre en chantier la grande classe de porte-avions Forrestal. Les classes Essex et Midway recevront 2 modifications successives, l’une pour embarquer les 1ers avions à réactions, l’autre pour se doter d’un pont oblique, une invention anglaise. Ces matériels étant appelés à opérer en Corée tout en maintenant la suprématie de la jeune OTAN dans l’Atlantique reçoivent la priorité sur la conquête spatiale, même militaire.
http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Lockheed_X-7 : 1er missile AS (Air-Surface) supersonique, est testé pour la 1ère fois en 1951.
Pour en revenir aux tirs de cette année :
USA : 10 tirs donc dont 6 échecs, un record.
6 V-2 (4 échecs), tous tirés de White Sands LC-33, 2 pour la Navy, 4 pour l’Army dont 2 (qui seront des échecs) pour le projet scientifique Blossom IV-F
3 Aerobee dont, rare pour cette excellente fusée, 2 échecs. 2 tirées depuis Holloman LC-A et 1 depuis White Sands LC-35 pour un programme de recherche en communications de l’Air Force
Et enfin 1 unique Viking, un succès, tirée depuis White Sands LC-33 par le constructeur lui-même (Glen Martin) pour le labo de recherche de la Navy. C’est d’ailleurs le 1er vrai succès d’une Viking qui atteint 219 km. Mais c’est toujours à peine plus que la V 2, celle tirée le 22/8 fait presque le même score, ce qui constitue d’ailleurs la meilleure performance obtenue par cette fusée à ce jour.
URSS : 25 tirs donc dont 1 seul échec, ce qui démontre la maîtrise atteinte par les soviétiques, tous tirés depuis Kapustin Yar, tous pour l’OKB-1 de Korolev.
16 R-1 militaires auxquelles se rajoutent 2 R-1V et 4 R-1B scientifiques. La R-1V du 22/7 emmène 2 chiens (Dezik et Zhegan) qui survivent à l’atterrissage et deviennent les 1ers mammifères à revenir vivants de l’espace.
Les 2 chiens dans leur capsule, sensiblement plus confortable que celle d’Albert VI (voir plus bas).
Le plan de vol des 2 premiers mammifères à avoir été dans l’Espace et en être revenus vivants.
La R-1V sur son pad de tir (rappelons que le B en cyrillique est un V en alphabet latin)
Le 29/7, une R-1B retente l’exploit mais la capsule ne se détache pas et s’écrase avec la fusée à l’impact. Evidemment, inutile de vous dire que les clebs n’ont pas survécus.
Lire : http://wikipedia.qwika.com/en2fr/Russian_space_dogs
3 R-2, toutes militaires sont également tirées avec succès.
L’année 1951 peut donc être considérée comme la 1ère d’une succession ininterrompue de 1ères pour l’URSS qui dureront jusqu’en 1966.
Les USA essaye depuis 1948 d’envoyer des singes dans l’Espace par le biais de V 2. L’absence de capsule détachable et récupérable condamne systématiquement les singes à mort. Albert I n’atteint même pas l’Espace et meurt par « surchauffe » le 11/6/48. Albert II atteint l’Espace mais meurt à l’impact au retour le 14/6/49 ce qui permet aux américains de dire qu’ils ont envoyé le 1er primate dans l’Espace. Le 16/9/49, Albert III explose avec sa V 2 lors de la phase d’ascension. Le 8/12/49, Albert IV subit le même sort qu’Albert II.
En 1951, les USA vont désormais utiliser l’Aerobee pour les vols « habités ». Leur incapacité à mettre au point une capsule détachable et récupérable dicte ce choix. C’est l’Aerobee toute entière qu’ils vont tenter de récupérer. Plus légère que la V 2 et vide de carburant, elle reste néanmoins lourde pour le parachute et la descente est rapide et l’arrivée au sol brutale. Le 18/4/51, Albert V meurt dans le choc à l’arrivée, le parachute ne s’étant même pas ouvert. Albert VI aura à peine plus de chance le 20/9/51, le parachute s’ouvre mais la rudesse du choc fait qu’il meure 2 heures après. Les américains ne peuvent même pas clamer une ½ victoire car la fusée n’a atteint que 70 km, bien en-dessous de la ligne Karman communément admise comme la frontière de l’Espace. En outre, on a peine à imaginer les conditions de vie du singe dans la minuscule Aerobee*.
Quelques sites et des infos sur les R-1 & R-2 de Korolev :
http://www.energia.ru/ru/history/systems/rockets/r1.html
http://www.russianspaceweb.com/r1.html
http://www.russianspaceweb.com/r2.html
http://www.astronautix.com/lvs/r1.htm
http://www.astronautix.com/lvs/r2.htm
Et les moteurs des R-1 & R-2 : les RD-100 et RD-101 de Glouchko :
http://www.astronautix.com/engines/rd100.htm
http://www.astronautix.com/engines/rd101.htm
Une photo d’Albert VI peut après son « retour » et peut avant son décès. C’est forcément lui puisque Albert V s’est écrasé et que le vol suivant (en 1952) comprendra 2 singes. Après, on ne refera des lancés de singes qu’en 1958 avec la fusée Jupiter C… et une capsule détachable et récupérable.
Noter le commentaire de l’époque, mensonger (« anesthésié » alors qu’il est en train de mourir, ce que l’on nous cache) de l’Army dans cette publication française de 1964 (Sciences et Vie pour ne pas la nommée) dont le journaliste ne s’est pas fait chier en traduisant la publication US de l’époque sans faire de vérification.
*les tirs en question ne figurent pas dans les tableaux de l’année 1951 où il est manifeste qu’il y a des manques et des trous dans ces tableaux. J’en averti le site en question. Il y a donc eu au moins 5 Aerobee de tirées et non pas 3.
La conquête de l’Espace (16)
La conquête de l’Espace (16)
Les précurseurs (3)
1950, c’est aussi l’année où Hergé rédige (c’est publié en feuilleton à partir de cette année-là et en album les années suivantes) ces 2 volets des aventures de Tintin.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Objectif_Lune
http://fr.wikipedia.org/wiki/On_a_march%C3%A9_sur_la_Lune
A bien des égards, on peut le ranger dans les précurseurs et il est juste de lui consacrer un article.
Bien de ce qui n’étaient alors qu’hypothèses se sont vérifiées par la suite comme par exemple le célèbre épisode du whisky en boule du Ctaine Haddock en état d’apesanteur.
Où encore la possibilité de faire des bonds impressionnants vu la gravité 6 fois moindre que sur Terre, quoique le bond que nous voyons soit un peu exagéré.
Pas irréaliste du tout, le char lunaire puisque d’Apollo XV à XVII il y aura le rover lunaire. Ce char de dimensions impressionnantes bénéficie d’une gravité 6 fois moindre lui-aussi et n’a pas le poids du blindage de ses équivalents terrestre.
De même l’absence de bruit prévenant l’arrivée d’une météorite puisqu’il n’y pas d’atmosphère. Pas de traînée et d’ « étoile filante » non plus pour la même raison.
Par contre, le retournement par fusée d’attitude est irréaliste. Inutile et même pas recommandé du tout de laisser le moteur allumé car la vitesse de retournement va augmenter et la fusée devenir une toupie incontrôlable. De même, le mouvement ne s’arrête pas lorsque le moteur s’arrête, la vitesse de retournement cesse seulement d’augmenter. Il faut qu’un autre moteur, en sens inverse, et pendant le même temps et avec la même poussée annule l’action du 1er moteur pour que le mouvement s’arrête.
En outre, un seul réacteur, même en bas, repousse la fusée mais ne la retourne pas. Il en faut 2, 1 en haut et 1 en bas agissant en sens inverse l’un de l’autre. Puis arrêt et la fusée se retourne lentement et ré-allumage des 2 réacteurs en sens inverse de précédemment jusqu’à stabilisation de la fusée.
On sait que la fusée s’est posée dans le cratère Hipparque. Ce dernier se trouve près de l’équateur lunaire. La Terre doit donc être visible au zénith, ce qui n’est pas le cas (40° au lieu de 90°).
On voit aussi d’où part la fusée, ce qui situe la Syldavie… en Bohème. Rien d’étonnant pour ceux qui on lu le « sceptre d’Ottokar » (Ottokar II Prémysl (le plus important) fut roi de Bohème de 1253 à 1278). Certains ont cependant émis d’autres hypothèses, l’une des 3 provinces roumaines, la Bulgarie, la Bosnie, le Monténégro, l’Albanie vu la présence de minarets inexistants en Tchécoslovaquie. Mon avis personnel penche pour l’Empire Austro-Hongrois où se trouve Tchécoslovaquie, Transylvanie et Bosnie. En outre, la Belgique, pays d’Hergé, fut autrichienne de 1713 à 1792/95.
Reste à savoir où se trouve le pays ennemi de Bordurie dont certains y voient la Hongrie. J’y verrais donc plutôt la Serbie.
Enfin, des versions humoristiques :
Et l’article que l’on avait déjà fait sur le sujet de la Syldavie : http://poilagratter.over-blog.net/article-le-livre-du-mois-23--41221805.html
La conquête de l’Espace (15)
La conquête de l’Espace (15)
La course à la fusée à longue portée et à charge nucléaire (2)
1950
Avec le début de la guerre de Corée et l’énorme effort qu’elle demande aux 2 super puissances, l’activité spatiale, même militaire, est en forte baisse puisque nous passons des 59 tirs de 1949 à… seulement 20.
USA :
10 tirs (contre 28 l’année précédente) :
Bumper est arrêté après l’unique succès de la série.
3 tirs de V 2 seulement, tous réussi dont 1 Blossom (une souris), tous tirés de White Sands LC-33 par l’Army.
3 Aerobee, tous réussis comme d’habitude pour cette excellente fusée : 2 de White Sands LC-35 par la Navy dans 2 nouvelles versions et 1 par l’Air Force, nouvelle version aussi, depuis Holloman.
Après le 1er tir de la Viking (échec) de l’année passée, c’est 4 tirs qui sont effectués cette année :
3 depuis White Sands ALA-1 (2 échecs) et 1 depuis le porte-hydravions Norton Sound, tous par la Navy, qui atteignent 170 km, soit moins que la meilleure altitude obtenue par une V 2 (189 km)
URSS :
10 tirs aussi (contre 31 l’année précédente), tous de R-2, tous de Kapustin Yar, tous militaires. Il y aura même 5 tirs le même jour (1/11) et 3 le 1/12 de façon à tester la faisabilité et la fiabilité d’une frappe massive de saturation.
3 photos montrant différentes phases d’un tir de Viking dont le lancement depuis le Norton Sound.
Plans de différentes Viking
Une maquette très réaliste d’une Viking fonctionnant réellement (à l’usage des clubs uniquement, apprentis terroristes s’abstenir).
La conquête de l’Espace (14)
La conquête de l’Espace (14)
La course à la fusée à longue portée et à charge nucléaire (1)
1949
Année charnière : si Staline met fin au blocus de Berlin (11/5), l’URSS fait exploser sa 1ère bombe atomique (14/7). Joint à la mise au point de la R-1 (SS-1 Scunner dans sa version militaire) l’année précédente, le monopole des USA dans ses 2 domaines disparaît et l’URSS se retrouve à égalité avec les USA. Cependant pour l’heure, aucun missile des 2 pays n’est en mesure d’emporter la lourde charge qu’est encore une bombe A (+ de 5 tonnes) ; le seul vecteur existant est le B-29 américain… et sa copie russe, le Tu-4.
28 tirs pour les USA :
10 de V 2 (dont 5 échecs) parmi lesquels 4 Blossom dont 3 où des singes sont envoyés (les 1ers primates dans l’Espace) et où 1 est un échec avec la mort du singe. Les 2 autres trouvent aussi la mort puisqu’il n’existe pas encore de capsule éjectable, cette dernière retombant liée au missile exactement comme lors des bombardement de Londres et Anvers (http://en.wikipedia.org/wiki/Monkeys_in_space). Tous ces V 2 ont été mis en œuvre par l’Army depuis le LC-33 de White Sands.
La Navy quand à elle va tirer 4 Aerobee. 1 depuis le LC-35 de White Sands pour des recherches sur la couche d’ozone et 3 (1 échec) depuis un porte-hydravions http://en.wikipedia.org/wiki/USS_Norton_Sound_(AVM-1). L’Army essaye à la fin de l’année une nouvelle version de l’Aerobee, mais c’est un échec.
Le projet Bumper est toujours aussi calamiteux. 4 tirs (1 annulé), 1 seul succès mais qui bat le record d’altitude : 393 km.
Enfin, la Navy a mis au point un successeur au V 2 qu’est le missile Viking (http://en.wikipedia.org/wiki/Viking_(rocket)). Tiré depuis le nouveau pad ALA-1 de White Sands, ce 1er tir est un échec.
Enfin, il convient de noter que dans une base voisine de l’Air Force (http://en.wikipedia.org/wiki/Holloman_Air_Force_Base), sont testés les X-8 (http://en.wikipedia.org/wiki/Aerojet_General_X-8), missile de recherche pour la création du 1er missile SA (Sol-Air) et le X-9 (http://en.wikipedia.org/wiki/X-9_Shrike), missile aussi, mais de croisière pour la succession du V 1.
Pour l’URSS, la production à la chaîne est vite lancée comme ce fut le cas pour bien des productions militaires pendant la guerre puisque nous passons des 9 tirs de 1948 à 31, tous depuis Kapustin Yar.
A cause de l’hiver toujours très rude en Russie, la campagne ne débute qu’en mai avec une nouvelle version : la R-1A : 6 tirs tous réussis.
La campagne reprend en septembre avec 20 tirs de R-1 destinés à mettre au point le SS-1 Scunner tous réussis. A comparer avec les toujours nombreux échecs US de V 2.
Mais c’est surtout la mise au point de la R-2E, 5 tirs dont 2 échecs qui retient l’attention. Propulsée par un RD-101 de Glouchko plus puissant, cette fusée va servir de base à la SS-2 Sibling militaire qui atteint 600 km de portée soit bien plus que les missiles US disponibles qui sont toujours des V 2 (320 km de portée) dont un quart des tirs échouent.
Outre le puissant moteur de Glouchko, Korolev met au point la capsule détachable testée sur la R-1A et mise en service sur la R-2E. C’est la raison des succès russes. La charge non détachable des fusées allemandes puis américaines provoquait la cassure en 2 de la fusée lors de la retombée dans un cas sur 4 environ… outre une précision bien moindre.
Dès 1948, les russes ont rattrapé leur retard ; en 1949, ils prennent de l’avance. Une avance qu’ils garderont jusqu’en 1966, date à laquelle Korolev disparaît des suites des mauvais traitements reçus au Goulag.
En outre, la R-2 réduit l’espace qu’il y a entre la carcasse de la fusée et les réservoirs internes, lui donnant l’aspect d’un cylindre en faisant disparaître la bombure caractéristique de la V 2 et est introduit le guidage radio pour une meilleure précision de chute de la charge éjectée.
Tous ces succès sont bien évidemment secrets et totalement inconnus des américains qui tomberont le cul par terre en 1957 et en 1961 avec Spoutnik et Gagarine.
Aucune mission civile ou scientifique n’a eu lieu au cours de cette année intensément militaire.
Différentes versions de la R-2, et de la copie DF-1 que la Chine en fera et qui sera le 1er missile balistique de ce pays au moment de la guerre de Corée.
C’est bien évidemment le maquettiste Kora, grand spécialiste des matériels de l’Europe centrale et orientale qui offre cette reproduction des deux 1ers SRBM soviétiques.
La conquête de l’Espace (12)
La conquête de l’Espace (12)
Les fusées militaires (1)
Les SRBM :
Brève parenthèse pour parler, bien que cela ne ressorte pas de la conquête spatiale mais comme c’est des technologies qui y sont liées, des missiles militaires.
On parlera ici des SRBM (http://en.wikipedia.org/wiki/Short-range_ballistic_missile) du V 2 à nos jours et des autres missiles plus performants (MRBM, IRBM, ICBM, SLBM) plus tard ainsi que des ALCM / SLCM (descendants des V 1, eux).
Les SRBM se divisent comme on l’a vu, en 2 catégories : les missiles tactiques dit du champ de bataille et les missiles stratégiques à courte portée. L’arrivée de l’arme nucléaire dont seuls les USA disposent jusqu’en 1949 donnent à ses missiles une importance bien supérieure au V 2 à charge classique qui fut utilisé aussi bien à des fins stratégiques (sur Londres) que tactiques (sur Anvers, arrière logistique du champ de bataille et le pont de Remagen objectif de champ de bataille proprement dit). En fait, son impact fut plutôt d’ordre psychologique, moins que ne le fut les Scud de Saddam Hussein qui visaient aussi un but politique (l’entrée en guerre d’Israël).
Hitler renonçât en outre à doter les V 2 d’une tête chimique vu les représailles autrement plus massives du même type qui auraient frappées les villes allemandes.
Le 1er missile militaire développé par les USA pour succéder au V 2 en tant que missile stratégique de courte portée fut le Redstone (http://en.wikipedia.org/wiki/PGM-11_Redstone) et on a là l’une des raisons du pourquoi de cette parenthèse sur les missiles militaires puisque c’est ce missile qui envoya Alan Shepard, 1er américain dans l’espace. Mis en service en 1958, c’est un progrès plutôt léger par rapport au V 2 pourtant âgé de 15 ans à ce moment (34 Kg/t de poussée contre 25, 401 km de portée contre 320, tête nucléaire de 3 t contre 1, c'est-à-dire 500 KT avec une bombe A qui passera à 3.5 MT lorsque l’on y mettra une bombe H). Semi-mobile comme le V 2, il fut déployé en RFA. Il resta le seul missile stratégique SRBM US.
Sur le plan tactique, le 1er missile US fut le Corporal dont on a déjà parlé pour sa version modifiée dans le projet Bumper mis en service à partir de 1954. Le suivant fut le Sergeant (http://en.wikipedia.org/wiki/MGM-29_Sergeant) mis en service en 1961. Le seul progrès notable par rapport à son prédécesseur fut que l’on passa de 15 camions à 3 par missiles et de 7 heures à 1 en terme de délais de tir.
Ces missiles ont pour vocation de frapper l’arrière logistique du champ de bataille.
Pour le champ de bataille lui-même fut mis en service le Honest John (http://en.wikipedia.org/wiki/MGR-1_Honest_John) mis en service en 1953. Plus mobile que le Corporal, il nécessitait quand même 7 camions.
Il fut remplacé par le Lance (http://en.wikipedia.org/wiki/MGM-52_Lance) en 1971, encore plus mobile (2 chenillés cargo dérivés du M113/M548). Il a été retiré et non remplacé suite au traité INF USA-URSS de 1987 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_les_forces_nucl%C3%A9aires_%C3%A0_port%C3%A9e_interm%C3%A9diaire)
Côté soviétique, nous trouvons le SS-1 Scunner* qui est la version militaire de la R-1, elle-même copie du V 2 avec des fonctions identiques. Ils seront suivi des SS-2 Sibling puis SS-3 Shister.
La réponse aux Redstone sera d’abord le fameux Scud (http://en.wikipedia.org/wiki/SS-1_Scud) puis le SS-12 (http://en.wikipedia.org/wiki/TR-1_Temp), une version très mobile à portée accrue. Il sera ensuite encore grandement amélioré (SS-12M) au point que l’OTAN lui donnera une nouvelle désignation (SS-22).
Le Lance recevra le SS-23 (http://en.wikipedia.org/wiki/OTR-23_Oka) en 1980 comme opposant qui disparaîtra avec le traité INF comme le Lance lui-même.
Sur le champ de bataille, les soviétiques mirent en service pour répondre aux Honest John toute une série de Frog dont le dernier est encore en service (http://en.wikipedia.org/wiki/9K52_Luna-M) dans de nombreux pays. Suivi le SS-21(http://en.wikipedia.org/wiki/OTR-21_Tochka), maintenu en service face aux Honest John turc et sud-coréen notamment et le tout nouveau SS-26 (http://en.wikipedia.org/wiki/9K720_Iskander) d’une Russie en plein renouveau militaire.
Côté français, on mettra en service le missile de champ de bataille Pluton (http://fr.wikipedia.org/wiki/Missile_Pluton), peut satisfaisant car moins maniable que le Lance. Il devait être remplacé par le Hadès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Missile_Had%C3%A8s). La signature du traité INF, bien que la France ne l’ait pas signé, servit de prétexte à l’annulation du programme, surtout dû au fait qu’on n’a plus de fric et à l’envoi à la ferraille du Pluton.
Pour les autre pays, reportez-vous à la page Wiki SRBM.
*On utilisera la terminologie OTAN utilisée et seule connue jusqu’à la chute du mur, la soviétique n’est connue que depuis et vous la trouverez dans le s références Wiki.
Les SRBM en service actuellement dans le monde.
La conquête de l’Espace (11)
La conquête de l’Espace (11)
Les pionniers : 1ères fusées (9)
1948 :
Avec 1948, la course à l’Espace commence avec le 1er tir soviétique. Au total 1948 enregistre 26 tirs dont 9 soviétiques.
Ces derniers, après bien des déboires : libération des camps de Glouchko et Korolev, ce dernier très affaibli et qui n’a survécu qu’à un fil, déception de ne rien trouver ou presque à Peenemünde et à Nordhausen ; n’ont capturés que des savants allemands de 2ème catégorie comme Helmut Gröttrup. Initialement, les savants russes s’installent avec les allemands en Allemagne sous l’égide du NI-88 ; puis lors d’une opération surprise, tout ce beau monde est quasiment redéporté dans l’Oural en plein hiver 1946/47 dans ce qui sera la 1ère base spatiale soviétique : Kapustin Yar (http://en.wikipedia.org/wiki/Kapustin_Yar).
Carte de Kapustin Yar
C’est là que va être mise au point la R-1 (http://en.wikipedia.org/wiki/R-1), une copie pure et simple de la V 2, dont le moteur RD-100 créé par Glouchko est aussi une pure copie de celui de la V 2.
Malgré tout, cela reste un exploit en regard de tout ce qui précède et ne manquera pas de surprendre les USA qui ne s’attendaient pas à voir les soviétiques les talonner d’aussi près. La R-1, recevra de l’OTAN l’appellation de SS-1 Scunner dans son application militaire.
En effet, les USA comptent sur leurs V 2 dotés d’une charge nucléaire pour stopper les masses de blindés 10 fois plus nombreuses des russes en cas d’attaque de ces derniers en Europe.
Ils ont même développer des missiles (pour le moment, vu la courte portée, il ne s’agit que de ce que l’on appellera ensuite des SRBM (Short Range Balistic Missile) utilisable sur le champ de bataille. Hors, le V2 a plutôt été conçu par les allemands comme MRBM (Medium Range Balistic Missile) utilisable dans une frappe stratégique anti-cité en arrière du champ de bataille où il est effectivement plus utilisable au vu de la complexité de sa mise en batterie et de son tir, dangereux pour son personnel s’il est trop près du champ de bataille. C’est pour cette raison que les USA ont mis au point le Corporal (http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=MGM-5_Corporal), plus adapté comme SRBM. Mais comme ce dernier découle de la technologie V 2, c’est un pas que les russes peuvent donc aussi franchir. Heureusement, les soviétiques n’ont pas la bombe A (les américains ignorent que ce n’est plus pour très longtemps là-aussi).
C’est pourquoi, pour accroître leur avance, les USA vont lancer le projet Bumper (http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Bumper_%28rocket%29). C’est une V 2 comme 1er étage et une WAC Corporal (http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=WAC_Corporal), une Corporal réduite et modifiée comme 2ème étage. Il s’agit d’un projet double civil et militaire. Militairement, on recherche un missile capable de frapper les sites de lancement de la R-1 grâce à une portée supérieure, l’équivalent de la contre-batterie en Artillerie. Civilement, il s’agit d’aller plus haut et d’envoyer une charge scientifique capable d’explorer la ionosphère où se trouve la fameuse couche d’ozone.
1948 marque vraiment dans la course à l’espace les débuts de la guerre froide entamée l’année précédente par la doctrine du « containement » du Président Truman en opposition aux tentatives de Staline de mettre la main sur la Grèce et d’obliger ce pays à rejoindre la vaste sphère d’Europe orientale des pays sous occupation soviétique. 1948, c’est aussi le blocus de Berlin.
Les 1ères fusées soviétiques. La R-1 est à gauche et l’on est immédiatement frappé par sa ressemblance avec la V 2 allemande ; la R-11 à droite sera connue et nommé SCUD A par l’OTAN. Elle est la 1ère d’une série qui aboutira aux fusées de Saddam Hussein en 1991. On parlera des autres ultérieurement.
Détails :

USA :
V 2 : 10 tirs depuis White Sands pad LC-33
1 pour General Electric, les autres pour l’US Army
9 dans le cadre du Projet Hermes
1 dans le cadre de Blossom (envoi de specimen biologique dans l’Espace)
2 échecs dont la mission Blossom
Aerobee : 3 tirs pour l’US Navy depuis White Sands pad LC-35 qui atteignent 113, 114 et 118 km soit le double du 1er tir. Un étonnant tir groupé d’une remarquable régularité et le début d’une longue et fructueuse carrière (1.037 tirs jusqu’en 1985). Aerobee n’a de plus pour ainsi dire jamais connu d’échec.
Bumper : 4 tirs dont seul le 1er est un ½ succès puisque l’altitude atteinte n’est que de 127 km soit moins (189 km) que l’altitude maximale atteinte par une V 2 seule.
URSS : 9 tirs tous de R-1, tous de Kapustin Yar, tous pour le NI-88 (l’OKB-1 (http://en.wikipedia.org/wiki/OKB-1#History), le bureau de Korolev indiqué par le tableau, ne deviendra autonome qu’en 1956). Seul le 1er tir est un échec, altitude maximale atteinte : 100 km.
Il faut rappeler pour expliquer les échecs de Bumper, que la séparation du 2ème étage se fait encore par commande du sol et en vue du blockhaus de lancement et si les récepteurs de la fusée sont en phase avec l’émetteur du sol (en vue, dans l’axe, sur la même longueur d’onde, etc…). Il faudra attendre longtemps et l’arrivée de l’électronique et même de l’informatique pour que cela puisse se faire automatiquement. En attendant, il faudra mettre au point des stations de poursuites pour le futur 3ème étage et l’injection en orbite non visibles depuis le sol. C’est pourquoi il faudra attendre 1957 et la création de ces technologies qui n’existaient pas pour le 1er satellite alors que pourtant les fusées qui le permettront existaient depuis le début des années 50 comme on le verra bientôt.
Les 1ères stations de poursuite vont utiliser les mêmes appareils que les 1ers radiotélescopes ; c'est-à-dire encore du matériel allemand de la 2ème Guerre Mondiale, en l’occurrence le radar de tracking Würzburg du système Himmelbelt (http://en.wikipedia.org/wiki/Kammhuber_Line). On peut aujourd’hui voir des Würzburg (http://en.wikipedia.org/wiki/W%C3%BCrzburg_radar) en France à Nançay en Sologne où ils sont en train de rouiller à côté du grand radiotélescope semi-mobile ainsi qu’à Douvres (14) où l’un d’entre-eux à été restauré et rapatrié sur son lieu d’origine en 1944 avant sa capture après le débarquement et où il fait aujourd’hui partie de la chaîne de Musées normands consacrés au 6/6/1944. C’est à partir de ce matériel improvisé à partir d’un matériel non conçu pour cela que va se développer cette technologie des stations de poursuites aussi lourde, coûteuse et complexe que les fusées elle-mêmes.
Pour en revenir à Bumper, il s’agit en fait déjà d’une fusée à 3 étages puisque la WAC Corporal est constituée d’un booster à poudre et d’un 2ème étage à ergols liquide stockables (non cryogéniques). On pensait avoir réglé le problème grâce au fait que l’étage liquide se met en marche automatiquement et éjecte le booster lorsque ce dernier s’arrête, nouveauté introduite dans la Corporal originale et qui n’est possible que si le 1er étage est à poudre à cette époque, la mise en marche du 2ème étage se faisant mécaniquement ; mais le problème principal viendra de l’allumage du booster justement, particulièrement violent et brutal sur une plate-forme instable, en vol et en altitude qu’est la V 2. En outre, la V 2 sera difficile à maintenir dans son axe de vol avec cette fusée longue et peu aérodynamique à la place de sa charge utile, cause principale des 1ers échecs.
La conquête de l’Espace (10)
La conquête de l’Espace (10)
1947 : Roswell
Puisque nous sommes dans l’année 1947, bien évidemment, et pour couper court aux habituelles conneries que je reçois des raëliens, on va parler de ce qui s’est vraiment passer là en 1947.
On avait déjà répondu à pas mal de choses sur le phénomène OVNI et ses vrais causes, notamment dans ce n° consacré à ces fêlés : http://poilagratter.over-blog.net/article-36111280.html
Mais pas sur Roswell. Tout part là aussi de prototypes allemands de sièges éjectables mis au point pour le chasseur de nuit Heinkel He 219 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Heinkel_He_219) notamment. Les rares pilotes de la Luftwaffe qui tenteront de s’en servir trouveront la mort pour la plupart (http://en.wikipedia.org/wiki/Ejection_seat).
Les USA reprennent l’idée et se livrent à des essais ultra-secrets… à Roswell justement.
Pourquoi ultra-secrets ? Pour une raison extrêmement simple. Le siège éjectable est un véritable joker pour le pilote. Il sait que quoi qu’il arrive, même si les ailes cassent suite à un virage trop serré et trop de G encaissés, il s’en sortira grâce au siège éjectable.
On le vérifiera d’ailleurs très rapidement dès la guerre de Corée. Le F-86 Sabre (http://fr.wikipedia.org/wiki/North_American_F-86_Sabre) malgré son infériorité technique manifeste face au MiG-15 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikoyan-Gourevitch_MiG-15) aura un ratio de victoires de près de 10 contre 1 face à la petite merveille soviétique (dotée d’un réacteur anglais, faut-il le rappeler, le Rolls-Royce Nene). En outre, devant sauter de l’appareil comme pendant la 2ème Guerre Mondiale, rares sont les pilotes nord-coréens abattus qui survivront. Ils s’accrocheront, eux ou leur parachute, à la queue du MiG ou pire. Par contre, sur les rares pilotes US abattus, la plupart survivront grâce au siège éjectable. L’étonnant de l’histoire est que ce siège éjectable est lui-aussi anglais (Martin-Baker) et sera d’ailleurs le seul modèle vraiment efficace à tel point que de nos jours les sièges éjectables sont TOUS des Martin-Baker.
Pour en revenir à Roswell où l’invention anglaise n’existe pas encore ; un jour, un mannequin, son siège et le parachute dérivent après un essai et vont s’abattre dans un champ près de la base sous le nez d’un paysan ahuri.
Ce dernier se rapproche de L’USAF (qui vient juste d’être créer, l’aviation faisait partie de l’Armée pendant la 2ème Guerre mondiale) dont le représentant bien embêté et ne voulant pas rendre public la vraie nature des essais US, lui laisse entendre que ce serait… un extra-terrestre éjecté de sa soucoupe volante.
Immédiatement, la presse relaye l’info (tu m’étonnes !) et les dénégations des supérieurs hiérarchique militaires rapidement mis au courant n’y changeront rien d’autant plus que cette histoire de ballons-sondes qu’ils vont inventer est à l’évidence un mensonge que personne, à juste titre, ne veut et ne peut croire. Et comme l’USAF ment, cela accrédite encore plus la thèse de la soucoupe volante que l’on veut cacher.
Plus tard, la CIA laissera la rumeur courir en niant d’une manière ambiguë pour laisser croire au KGB que les USA ont vraiment mis la main sur une soucoupe volante et ont accès à une technologie très en avance qui laissera l’URSS loin derrière eux pour longtemps. Ils laisseront même entendre que les USA (Reagan en l’occurrence) est en contact avec ET.
Il y aura aussi cette histoire d’autopsie d’ET dont un journaliste français achètera à prix d’or le film. Une escroquerie qui lui vaudra d’être viré et de disparaître dans l’anonymat ; un comble pour cet inventeur d’une émission qui s’appelait « Perdu de vue ».
La fin de la guerre froide voit l’USAF (pas la CIA, personne ne la croirait) rendre un rapport qui explique en détail tout ce que je viens de dire en résumé : http://en.wikipedia.org/wiki/Air_Force_reports_on_the_Roswell_UFO_incident
Il est crédible et confirme ce que les gens sensés avaient deviné depuis longtemps.
Et bien sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_Roswell pour le détail et les rebondissements fort nombreux, un vrai feuilleton.
Là-aussi, le monde de la maquette est présent : une boite de chez Tamiya. Impressionnant !
Et le Nouveau-Mexique ne va pas lésiner sur les timbres. On trouve de tout :
Du rationnel…
à l’émotionnel…
et j’en passe.
Même les soviétiques parlent des extra-terrestres via les timbres, sans citer Roswell bien sûr. Il est vrai que l’hypothèse d’une vie ET intelligente n’est nullement en contradiction, ni avec le matérialisme dialectique, ni avec l’athéisme, ni même avec la science. Mais ça n’a rien à voir avec le phénomène OVNI, non directement évoqué par le timbre CCCP même si l’on y voit une « soucoupe volante ».
La conquête de l’Espace (9)
La conquête de l’Espace (9)
Les pionniers : 1ères fusées (7)
1947 :
Cette année ne voit à nouveau que des tirs américains, 15, soit presque autant que l’année précédente. Egalement tous tirés depuis White Sands et tous depuis le pad LC-33 sauf une exception.
Ce sont également tous des V2 tirés dans le cadre du projet Hermes sauf 3 exceptions.
La 1ère se situe le 6/9, opération Sandy (http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Sandy), tir d’un V2 depuis le pont du porte-avions USS Midway, le plus grand que possède l’US Navy. C’est le 1er tir de la Marine. Le missile n’atteint pas 1 km d’altitude.
La 2ème se situe le 20/11 ou c’est General Electric qui est l’opérateur du V2 et non pas l’Army. 1er tir entièrement civil de l’après guerre.
La 3ème est le 24/11 ou c’est l’Applied Physical Laboratory (qui était déjà co-opérateur avec l’Army dans le tir du 24/10/1946) qui lance la 1ère fusée de conception américaine : l’Aerobee (http://en.wikipedia.org/wiki/Aerobee) et atteint 56 km d’altitude (contre 189 km pour la V2 (6/1944 à Peenemünde & 29/5/1946 à White Sands)). C’est aussi la 1ère fusée civile d’après-guerre. Sa charge utile n’est que de 68 kg (contre 900 pour la V 2), et va permettre aux USA de marquer des points dans la course à la miniaturisation de la charge utile scientifique, les charges utiles lourdes étant réservées aux futures cabines spatiales habitées et aux charges thermonucléaires. Elle est constituée d’un booster à poudre comme 1er étage et d’un moteur à ergols liquide stockable (non cryogénique donc) pour le 2ème. L’Aerobee est lancée depuis le pad LC-35.
Une fusée pratique, fiable et très économique comparativement à la V2.
Pour rentrer dans le détail, la V2 du 20/2 est lancée dans le cadre du projet Blossom et envoie des végétaux et des mouches, 1ers êtres vivants dans l’Espace.
1947 est aussi l’année où le Bell X-1(http://fr.wikipedia.org/wiki/Bell_X-1), issue lui aussi des réalisations allemandes et notamment du Messerschmitt Me 163 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Messerschmitt_Me_163), franchit le mur du son (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_du_son) le 14 octobre avec Chuck Yeager (http://fr.wikipedia.org/wiki/Chuck_Yeager). On fera aussi l’historique des avions X car ce sont pour la plupart des avions dont le moteur est une fusée. Plusieurs de ces avions rentreront dans le domaine spatial en franchissant la ligne Karman et verront leurs pilotes recevoir ultérieurement le titre d’astronaute. En outre, c’est avec certains de ces avions que seront mis au point nombre des technologies qui déboucheront sur la Space Shuttle, la navette spatiale.
Chuck Yeager est le 1er, bien qu’il ne sera jamais classé « astronaute », de la longue liste des héros qui inscriront leur nom dans cette épopée.
Les USA décerneront un timbre à l’avion et à son constructeur, mais pas au pilote.
Plusieurs pilotes allemands de Me 163 Komet clameront avoir passé le mur du son avant les américains pendant la 2ème guerre mondiale.
Le monde de la maquette va très tôt s’intéresser à la conquête de l’Espace comme le montre cette splendide boite de chez Revell et le résultat. Très complet avec la remorque TEL (Transporteur-Érecteur-Tireur (Launcher)) et ses techniciens.
Photo NASA d’un tir d’une version ultérieure depuis l’intérieur même d’un blockhaus de Wallops Island. Admirez l’impressionnant panache provoqué par la poudre du booster.
2 photos de l’opération Sandy. On comprend pourquoi il n’y aura pas de 2ème essai lorsque l’on voit la trajectoire du missile qui passe à quelques mètres à peine de l’îlot de commandement… ou des idiots du commandement du USS Midway, devrait-on plutôt dire.
Cette catastrophe évitée de peu (imaginez les dégâts qu’auraient causés le missile, même sans charge militaire, avec ses réservoirs pleins ?), elle donnera l’idée à la Navy de l’opération Pushover (http://www.wsmr-history.org/Navy_At_LC-35-3.htm et pages suivantes) destinée à tester les effets de l’impact d’un V 2 sur un porte-avions.
La conquête de l’Espace (8)
La conquête de l’Espace (8)
Les pionniers : 1ères fusées (6)
Ce qu’il faut savoir, les bases, un minimum de connaissances sur les fusées, comment ça marche, etc…
Savoir notamment ce qu’est l’impulsion spécifique d’un ergol, comment la calculer. Pour les matheux, vous pouvez même, vous-même, calculer avec les équations indiquées, la fusée à construire pour telle masse de charge utile, telle orbite ou telle planète à atteindre et avec quels ergols.
http://www.suntrek.org/solar-spacecraft/satellites-rockets/how-rockets-work.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moteur-fus%C3%A9e_%C3%A0_ergols_liquides
http://fr.wikipedia.org/wiki/Propulsion_%C3%A0_propergol_solide
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moteur-fus%C3%A9e
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fus%C3%A9e
http://fr.wikipedia.org/wiki/Propulsion_spatiale
Outre les sources ci-dessus (+ celles que vous trouverez vous-mêmes), voici quelques extraits d’un petit livret édité en 1966 et qui fut pour moi et reste toujours une base de départ plus que valable pour comprendre cette technologie des fusées indispensable pour aller plus loin dans l’astronautique.
Schéma 1 : coupe d’une fusée à poudre montrant sa disposition à l’intérieur et celle des ≠ poudres utilisées.
Schéma 2 : plan d’un banc d’essai de moteur-fusée, ici à carburant liquide.
Schéma 3 : vue d’un moteur à ergols liquides où l’on voit ces derniers utilisés pour le refroidissement de la tuyère.
Schéma 4 : Très important schéma (ici une fusée Thor militaire) où l’on voit les devis de poids : les ergols ne représentent pas moins de 91.75 % du poids total, ce qui est énorme. On comprend ainsi pourquoi, le poids de la carcasse (+ moteurs et système de guidage) étant une quasi constante, même une économie de 5 % de carburant grâce à l’effet de fronde gravitationnelle que l’on recherche dans les missions interplanétaires est importante puisque dans ce schéma, la charge utile représente 3.67 %. Et il s’agit d’un poids important pour cette fusée moyenne, les 1ères bombes H n’étant pas ce que l’on puisse dire légère.
Schéma 5 : Détails d’une fusée à ergols liquides, bien plus complexe que celle à poudre su schéma 1, mais à l’impulsion spécifique bien supérieure, indispensable pour atteindre même notre proche voisine la Lune.
Schéma 6 : Autre très important schéma qui montre l’autre grande chose importante qu’est l’intérêt de la fusée à étage. Ici, l’on compare 2 fusées, l’une à 1 étage, l’autre à 2 et disposant d’une charge utile et d’ergols de même poids. La carcasse (+ moteurs et système de guidage) est même plus lourde dans le cas de la fusée à étage vu qu’il y a 2 moteurs et 2 systèmes de guidage. Et bien malgré cela, la portée de la fusée à étage est presque… double.
C’est ce que démontrait l’équation de Tsiolkovski : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_de_Tsiolkowski
On construira ainsi des fusées à 3 et même 4 étages (cas de la Scout américaine par exemple). Plus d’étages par contre avec plus de moteurs et de systèmes de guidage fait repasser l’équation de l’autre côté. La Scout est d’ailleurs une exception due à sa simplicité et donc au poids moindre de sa carcasse (+ moteurs et système de guidage) due au fait que les 4 étages sont tous à poudre.
Schéma 7 : Altitude comparée atteintes par différentes fusées, elles-mêmes comparées à l’altitude orbitale des 1ers satellites.
A noter que seule Vanguard, Thor-Able et dans une moindre mesure Jupiter C sont des fusées destinées à des mises en orbite. La trajectoire d’injection en orbite trop inclinée (Jupiter C) ou pas assez (Vanguard) ou Able mal orientée (Thor-Able), entre autres problèmes en sont les causes. Les autres fusées sont ce que l’on appelle des fusées-sondes et n’ont pour objectif qu’un vol suborbital.
En outre, les orbites sont données dans leurs valeurs maximales (apogée). Par exemple, le périgée et l’apogée de Spoutnik I sont 227 x 941 km, Explorer I : 360 x 2.534 km, Vanguard I finira après 3 tentatives par atteindre 650 x 3.968 km. L’injection en orbite se faisant à l’apogée, la fourchette est étroite entre un périgée très bas et une retombée au sol du fait du guidage encore aléatoire de l’époque ; d’où des orbites très elliptiques… ou une retombée au sol. Plus tard, ce sera justement le rôle principal du dernier étage que de pousser suffisamment, même après l’injection en orbite, pour rendre cette dernière plus circulaire (d’où la plupart du temps 3 étages : 2 pour le lancement proprement dit et un 3ème pour l’injection en orbite).
La conquête de l’Espace (7)
La conquête de l’Espace (7)
Les pionniers : 1ères fusées (5)
Combien de V2 ont été lancé durant la seconde guerre mondiale ?
http://www.capcomespace.net/dossiers/espace_US/lanceurs_US/V2/les_V2_A4.htm
Les chiffres varient du simple ou double.
3255 selon "Von Braun contre Korolev" de P. Kohler et J.R. Germain, (page 90)
6400 selon "Rockets into Space" de F.H. Winter, (page 52)
Dans un article de David Irving ("A bout portant sur Londres" chez Laffont) paru dans "Historia" de novembre 1969, il est précisé à la fin : ... au total il est tombé 517 fusées sur Londres contre 1.265 sur Anvers. Il en est tombé 537 autres en d'autres points de l'Angleterre et 61 s'étaient abîmées au large des côtes. Un peu plus de 2.700 civils avaient trouvé la mort à Londres du fait des fusées ...
A la fin de la guerre 3172 A4 V2 avaient été lancé selon V2 rocket.com et 4320 selon John Pitfield (dont 283 lancé en tests depuis Peenemünde et 504 depuis Blizna) :
En tout cas le dernier semble avoir été lancé le 27 (28, 29 ?) mars 1945 sur Orpington près de Londres. Suivront trois essais anglais ""Backfire" et le premier tir depuis White Sands en avril 1946. Le 30 octobre 1947 sera lancé le premier V2 soviétique.
Liste complète de l’ensemble des tirs V2 quelque soit les pays utilisateurs selon les données collectées les plus récentes : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_V-2_test_launches
Pour cette course à l’espace qui commence, on se servira de l’excellent répertoire : http://en.wikipedia.org/wiki/Spaceflight_before_1951 qui nous servira de guide chronologique pour, au fur et à mesure, rentrer dans les détails de tels ou tels programmes lorsqu’ils viendront à devoir être abordés.
L’année 1946 ne voit que 16 tirs, tous américains, tous depuis le polygone de tir de White Sands, New Mexico (http://fr.wikipedia.org/wiki/White_Sands, http://en.wikipedia.org/wiki/White_Sands_V-2_Launching_Site), tous effectuer par l’US Army, tous à partir de V2 capturées (http://en.wikipedia.org/wiki/Hermes_project).
Vous avez sur ce tableau l'objectif scientifique de la mission.
Von Braun expliquant aux américains comment ça fonctionne.
Différentes phases d’un lancement.
Vue de l’intérieur du blockhaus de tir.
C’est en 1946 que Staline crée le NII-88 (http://fr.wikipedia.org/wiki/NII-88), organisme unique qui permettra à moyen-terme aux soviétiques de prendre la tête de la course face à la multiplicités des agences spatiales américaines.
Pour ne citer que celles qui existent en 1945 et qui disposent souvent de leur propre polygone de tir :
· Allegheny Ballistics Laboratory à Pinto (Virginie Occientale)
· Goldstone Range, Barstow (Californie)
· Pendleton Range, Camp Pendleton (Californie)
· Naval Ordnance Test Station, Inyokern (Californie), polygone à Point Mugu
· Hueco Range, Fort Bliss (Texas), polygone à White Sands (Nouveau-Mexique)
· Autres polygones à Datil, Horse Spring et Fort Wingate (Nouveau-Mexique)
· National Advisory Commitee on Aeraunotics, Wallops Island (Virginie), polygone à Wallops Island
La création de l’USAF amènera la création du polygone géant de Cap Canaveral et lorsque celui-ci sera cédé à la nouvelle NASA, l’Air Force développera Vandenberg.
La conquête de l’Espace (6)
La conquête de l’Espace (6)
Les pionniers : 1ères fusées (4)
Après les 1.562 tirs militaires de 1944, environ 1.500 furent encore tirés en 1945 vers Londres et Anvers, puis les dernières furent tirées dans la zone du pont de Remagen après le franchissement du Rhin par les américains et les dernières au hasard, vers le Kent.
Sur près de 4.000 V2 construites, presque mille tombèrent plus ou moins intactes entre les mains des alliés principalement occidentaux.
Le partage des dépouilles allemandes
La plus connue des opérations en question est évidemment http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Paperclip.
Elle permet aux américains qui en sont les instigateurs de mettre la main sur les principaux savants allemands (dont von Braun), mais aussi sur la plupart des V2 encore intacts dans l’usine de Nordhausen qui se trouve dans la zone d’occupation US.
Les soviétiques ne sont pas en reste puisqu’ils occupent Peenemünde, mais cette dernière à été rasée par un bombardement anglais et il ne reste plus grand-chose. Par chance pour eux, les accords de Potsdam (http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Potsdam) transfèrent la Thuringe, où se trouve Nordhausen, de la zone d’occupation US à celle de l’URSS et les russes y trouvent quelques V2 en pièces détachés et quelques savants allemands de 2ème main comme Helmut Gröttrup (http://en.wikipedia.org/wiki/Helmut_Gr%C3%B6ttrup). Même les français mettent la main sur certains d’entre-eux comme http://fr.wikipedia.org/wiki/Helmut_Habermann.
Parmi les trésors découvert par les américains figurent aussi les plans des projets futurs allemands : http://en.wikipedia.org/wiki/Aggregate_(rocket_family)
Nous trouvons là de gauche à droite : le A4 / V2, une version ailée (A4b) destinée à une plus grande portée ou à être utilisée dans une version antiaérienne guidée nommée Wasserfall (http://www.luft46.com/missile/wasserfl.html) afin de détruire un box entier de forteresses volantes B-17. On trouve ensuite les projets A9 / A10 incluant un V2 ailé ou non comme 2ème étage destiné à bombarder New-York.
En 1945, seul 3 tirs tests ont lieu, mais ce ne sera le fait ni des allemands, ni non plus des USA ou de l’URSS. Ce seront les 3 seuls tests anglais avant le transfert des projets anglais en Australie : http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Backfire_(WWII)
A noter que les tirs d’essais de 1944 ont été les 1ers à franchir la ligne Karman (http://en.wikipedia.org/wiki/K%C3%A1rm%C3%A1n_line) située vers 100 km d’altitude comme l’avait déjà fait les obus du canon de Paris en 1918. On est là bien au-dessus des 2.5 km atteint par Goddard et des 3 km atteint par une des GIRD (http://www.mentallandscape.com/s_gird.htm).
Dans la course que commence déjà à se livrer USA et URSS, les 1ers transfèrent tout ce qu’ils peuvent chez eux, notamment à Fort Bliss, Texas, savants inclus comme von Braun (http://www.v2rocket.com/start/others/fort_bliss.html, http://en.wikipedia.org/wiki/Fort_Bliss) ; alors que les 2èmes font l’inverse ; ce sont les savants russes, sortis du Goulag pour l’occasion, qui vont en Allemagne.
On ne trouve que peu de timbres à la gloire des savants allemands. Werner von Braun est ignoré par USA comme par les allemands (RFA comme RDA).
Seules les iles du Pacifique se distinguent. Ancienne colonie US prise aux japonais en 1945, l’archipel Marshall fut prise par ses derniers aux… allemands en 1914 dont elle fut l’une des toutes 1ères colonies (1885). La Fédération de Micronésie est dans un cas presque identique à la seule différence qu’elle n’est devenue allemande qu’en 1899. Cette double origine, germano-américaine, n’y est probablement pas pour rien dans cet hommage.
Oberth travailla pour la Roumanie en 1935 qui s’en est souvenue, avant de rejoindre Peenemünde.
Le seul autre timbre où apparait la V2 est un timbre de Fort Bliss
La conquête de l’Espace (5)
La conquête de l’Espace (5)
Les pionniers : 1ères fusées (3)
Les allemands
Je ne vous appends rien, avec les allemands, on va faire des progrès immenses.
Le 1er qui obtient des résultats est Max Valier (http://en.wikipedia.org/wiki/Max_Valier). Il s’agit en fait de voitures-fusées car pour le savant allemand, c’est le passage obligé pour que ces engins puissent être pilotés par l’homme contrairement aux fusées russes ou américaines vues précédemment. C’est Opel qui finança les projets et fournis les voitures, mais Valier se tua lors d’un test où le moteur à ergols liquides explosa, ce qui mit un terme à cette voie.
L’autre voie allemande, car il en eu 3, fut celle de la VfR (http://de.wikipedia.org/wiki/Verein_f%C3%BCr_Raumschiffahrt), une association qui comprenait tous les grands noms de l’astronautique allemande comme Hermann Oberth, Johannes Winkler et le tout jeune Werner von Braun. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Oberth, http://de.wikipedia.org/wiki/Johannes_Winkler, http://fr.wikipedia.org/wiki/Wernher_von_Braun).
Les essais furent incroyablement nombreux : ce fut d’abord la Kegelduese d’Oberth, puis la Mirak
puis la HW de Winkler
mais des problèmes de corrosion et de fuites liés aux matériaux et ergols employés mirent fins à ces tests.
C’est alors que la rencontre se fit avec l’Armée (la Reichwehr devenant la Werhmart à ce moment) et un simple capitaine, Walter Dornberger (http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Dornberger)
(au moment où en URSS, l’affaire est suivie par un Maréchal) qui leur offre la disposition du polygone de Kummersdorf, habituellement réservé à l’Artillerie.
C’est ainsi que la A-1 vit le jour en 1933 (http://www.astronautix.com/lvs/a1.htm), puis la A-2 en 12/1934 (http://www.astronautix.com/lvs/a2.htm) et la A-3 dont les essais durèrent jusqu’en 1937 (http://www.astronautix.com/lvs/a3.htm), date à laquelle le 1er pad de tir spatial de l’Histoire fut créer à Peenemünde.
A3
1ères fusées allemandes
Site de Peenemünde
L’étape suivante fut la… A5 (http://www.astronautix.com/lvs/a5.htm) et une version tirée d’un He-111F en vol.
Cependant, c’est le V1 que l’on préféra tirer de cette manière en sus de ceux lancés par rampe.
Mais c’est le développement de la A4, renommée V2 que l’on ne présente pas…
http://www.zamandayolculuk.com/cetinbal/v2rrocket.htm
http://www.v2rocket.com/start/deployment/mobileoperations.html
http://www.jean-maridor.org/francais/planpeen.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/V2
…qui va monopoliser le travail.
Liste des tirs test et des 1ers records obtenus
Carte des tirs de la SS, seule Armée habilitée à tirer la V2, et liste des 1.562 tirs militaires et leurs cibles.
Différents schème de peinture de la V2 (test, normal, camouflage) et sa remorque de transport.
Plan de la V2
Timbre du IIIème Reich émis à la gloire des fusées militaires allemandes
La conquête de l’Espace (4)
La conquête de l’Espace (4)
Les pionniers : 1ères fusées (2)
Les soviétiques
http://www.mentallandscape.com/s_gird.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Korolev
Fridrikh Tsander (http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Tsander) propose au début des années 1920 une formule hybride : avion pour atteindre une haute altitude puis fusée pour atteindre l’espace où les parties faites en combustibles de l’avion devenues inutiles servent à atteindre l’espace. Le concept sera utilisé sous une forme différente dans le projet de guerre des étoiles de Ronald Reagan sous la forme de l’ASAT ; un missile anti-satellite largué d’un F-15. L’ASAT (http://en.wikipedia.org/wiki/Anti-satellite_weapon) servira une fois à la mise en orbite d’un petit satellite scientifique.
Tsander est surtout le fondateur du GIRD (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grouppa_Izoutcheni%C3%AFa_Reaktivnovo_Dvijeni%C3%AFa). Décédé en 1933, il est remplacé par Serguei Korolev (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Korolev), secondé par Tikhonravov (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Tikhonravov). Les 1ers travaux sont marqués par la collaboration qu’il y eu avec les allemands dans le cadre du traité de Rapallo.
Missile de croisière RP-1. Etonnante ressemblance avec le V 1 allemand de la 2ème guerre mondiale, non ?
Mais très vite Korolev donne une autre direction aux travaux qui voit ses fusées dotées des excellents moteurs de Glouchko (http://fr.wikipedia.org/wiki/Valentin_Glouchko) suite à la fusion avec le GDL (http://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_de_dynamique_des_gaz) d’où il vient. La fusion GIRD-GDL a été facilitée par l’Armée, où comme en Allemagne, l’on voit là un emploi militaire possible. C’est le chef de STAVKA (http://fr.wikipedia.org/wiki/Stavka) lui-même, le Maréchal Toukhatchevski (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Toukhatchevski), qui en est l’auteur.
Et les essais se poursuivent :
Le GIRD 6
Le GIRD 9
Le GIRD X
Chose remarquable, les mêmes solutions sont retenues et les mêmes résultats sont obtenus que ceux qu’obtiennent Goddard et les allemands. Avec un plus cependant en faveur des russes qui disposent de moyens supérieurs à ceux des américains et même des allemands.
Et paf, dès le début des purges de 1938, Mickhail Toukhatchevski est éliminé par Staline, ce dernier ne lui ayant jamais pardonné de lui avoir reproché d’avoir saboté la campagne de Pologne en 1920 où Staline, commandant de l’aile sud de l’Armée rouge, ne fit rien pour le soutenir devant Varsovie. Le GIRD-GDL, création du Maréchal, en subit immédiatement le contrecoup. Tous ses ingénieurs sont déportés et Korolev manque de peu d’y laisser la vie. C’est ainsi que les grands espoirs des soviétiques d’être les 1ers s’évaporent… provisoirement.
Timbres soviétiques émis en l’honneur de Tsander, Korolev et Glouchko respectivement.
Timbre cubain représentant Tsiolkovski, Tsander et Korolev
Les français
Comme aux USA, seule l’initiative privée s’est manifestée et c’est Robert Esnault-Pelterie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Esnault-Pelterie) qui s’y colle. Il est déjà connu pour avoir fait voler l’un des 1ers avions avant la 1ère guerre mondiale. Une formule étonnante : le train monotrace avec des roues de stabilisation en bout d’ailes.
Le REP de 1907 qui est aussi le 1er monoplan à voler, le 1er avion en métal (pour partie). C’est aussi lui qui invente le fameux et célèbre « manche à balai », commande unique de pilotage.
Le train monotrace, une formule qui sera reprise plus tard sur les avions espions à large envergure d’ailes pour le vol à très haute altitude comme le Lockheed U2 (USA) ou le Yak 25 (URSS).
Comme toujours en France des cons (et des jaloux) vont le faire chier (qqs chose que je connais bien avec le discours « poil »), il devra faire face à des procès, ne sera pas soutenu par le Pouvoir et tombera finalement malade.
Ce n’est que 10 ans après sa mort et le vol du 1er Spoutnik que la France émet, bien tardivement (1967), un timbre en son honneur.
Article très intéressant :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-course-a-la-lune-1-58539
La conquête de l’Espace (3)
La conquête de l’Espace (3)
Nouvelle Série
Les précurseurs (suite)
Dernier des 3 grands précurseurs, Arthur Clarke (http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_C._Clarke), que vous connaissez au moins par le biais du film 2001 l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick (1968). Il est celui qui découvre les particularités de l’orbite géostationnaire à 36.000 km d’altitude où un satellite qui s’y trouve reste en permanence au-dessus du même point de la terre, d’où son nom de géostationnaire. On l’appelle aussi l’orbite de Clarke en son honneur.
Il sera le Président de la BIS que nous verrons plus bas.
Livre de base
Régulièrement réédité et augmenté, vous devriez le trouver facilement. Pour obtenir les données présentes dans ce livre pas cher, des heures de prospection Internet sont nécessaires, preuve en est que les 2 instruments sont complémentaires ; Internet ne remplacera jamais le livre malgré tout l’attrait et l’intérêt indiscutable qui est le sien.
Ce livre est préfacé par Arthur Clarke justement.
Les pionniers : 1ères fusées (1)
Une page de ce livre qui illustre parfaitement ce que je disais ci-dessus. En un coup d’œil, toutes les 1ères fusées de l’entre 2 guerres jusqu’à la V2. Sur Internet, plusieurs heures ne m’ont donné qu’une partie de ces renseignements seulement.
Je n’en publierais d’ailleurs pas d’autres extraits pour les raisons de droits d’auteurs justifiées.
Les britanniques
On commencera donc le chapitre sur les pionniers par les britanniques et le BIS pour faire la transition avec Arthur Clarke.
La BIS (http://en.wikipedia.org/wiki/British_Interplanetary_Society) à la double particularité contrairement à leurs homologues soviétique, américaine et allemande de :
1. N’avoir fait que de la théorie et aucune réalisation pratique.
2. Exister encore aujourd’hui.
Le principal apport des britanniques dans l’entre-deux guerre a été dans la réflexion de ce à quoi devait ressembler les véhicules spatiaux, que ce soit ceux en orbite terrestre ou ceux destiner à alunir. Sous l’influence d’Arthur Clarke, l’association conçue aussi la forme d’une station spatiale dans laquelle une gravité artificielle y est restituée par rotation ; celle que l’on voit dans 2001, justement.
Étonnamment, il semble qu’aucun timbre n’a été consacré à Arthur Clarke.
Les américains
Avec les américains, on rentre tout de suite dans les tentatives de réalisations pratiques ; son principal animateur est http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Goddard et il suffit de voir la liste des nombreuses tentatives qu’il fit…
… pour se rendre compte que nous rentrons là dans du sérieux. Outre qu’il est le 1er à réaliser des fusées à ergols liquides (essence + LO2), il conçoit leur système de stabilisation par gyroscope, ce qui permet d’atteindre des altitudes encore jamais atteintes par une fusée.
Une photo de l’ingénieux et déjà complexe système en question : le gyroscope agit, via des cardans, sur des palettes qui dévient l’échappement et remettent la fusée au pointage en site à 90°.
Ne pouvant compter que sur un financement privé très limité vu le long terme des projets dans une société capitaliste qui ne privilégie que les profits à court terme, et l’Etat ne voyant à ce moment aucun intérêt pour lui a intervenir ; les tentatives US en restèrent là, vu d’autres priorités dues à la guerre. La guerre justement, va apporter un sérieux démentit au gouvernement US, avec les réalisations allemandes qui vont faire des progrès colossaux à partir de 1938… au moment même où Goddard doit pratiquement cesser ses activités.
Qu’on en juge et vous pourrez comparer avec les réalisations allemandes que l’on verra ultérieurement :
Goddard et ses 1ers collaborateurs devant les débris de sa 1ère fusée en 1926. Altitude atteinte : 56 m. Un petit pas pour l’homme…
Goddard et une fusée série A au début des années 30 sur le site de Roswell, Nouveau Mexique (et oui ! c’est là que tout a commencé). Vous pouvez constater sur la liste plus haut l’importance des progrès.
Le pad de tir. Encore primitif !
Vue d’un tir. Le gyroscope rétabli l’attitude avec encore un léger temps de retard.
L’une des dernières fusée série L à la fin des années 30.
Plan de la L-13
Timbre hommage à R. Goddard avec en arrière-plan une fusée Atlas ; on se demande bien pourquoi puisque cette fusée des années 50 a été créée bien après sa mort. En outre, sa conception très innovante (on en reparlera ultérieurement) était due… aux britanniques.
A lire cet intéressant article sur la photographie d’espionnage aérienne puis spatiale (on y reviendra) : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121107
La conquête de l’Espace (2)
La conquête de l’Espace (2)
Nouvelle Série
Les précurseurs
Jules Vernes (1828 – 1905) : De la Terre à la Lune (1865) Autour de la Lune (1869)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Verne
http://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Terre_%C3%A0_la_Lune
http://fr.wikipedia.org/wiki/Autour_de_la_Lune
timbres édités en son honneur
Écrit à la fin de la guerre de Sécession, il n’est pas étonnant que l’auteur français choisisse le canon comme élément propulseur et l’obus comme vaisseau spatial. En effet, le canon en acier vient d’être inventé et outre des performances en progrès considérable va être l’atout principal des victoires des nordistes sur les canons en bronze des sudistes (1861 -65) et des prussiens sur les autrichiens (1866) et les français (1870).*
Il ne sera cependant jamais possible d’envoyer des êtres vivants dans l’espace avec un canon**, même après l’invention des poudres colloïdales à combustion progressive (1886) ; mais l’on verra avec le canon de Paris en 1918 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pariser_Kanonen), des obus sortir de l’atmosphère lors de leur trajectoire balistique. Ces obus qui retombent ensuite sur Paris sont les 1ers objets de fabrication humaine à pénétrer le domaine spatial (aux alentours de 40 km d’altitude pour une portée de 110 km).
Jules Vernes a cependant compris bien des choses. Le canon est installé… en Floride, non loin du Cap Canaveral qui deviendra en 1963 Cap Kennedy. Il a en effet intégré dans sa réflexion d’anticipation qu’en se rapprochant de l’Equateur, la vitesse de rotation de la Terre est plus importante et se rajoute à la vitesse initiale de l’obus à la sortie du tube.
Son obus / cabine spatiale n’a pas non plus les moyens d’alunir et de redécoller de la Lune. Il en fera donc le tour pour revenir sur Terre… en utilisant le freinage atmosphérique. Ce que feront toutes les capsules spatiales conçues pour revenir sur Terre.
Enfin, il connaît un point de Lagrange (http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_de_Lagrange) du système Terre-Lune (il y en a en réalité 5) où s’équilibrent et s’annulent les gravitations terrestres et lunaires et où la vitesse de l’obus / cabine spatiale doit être suffisamment élevée pour le franchir et rentrer dans le domaine lunaire. Au retour, l’obus / cabine spatiale accélère en se servant de la gravitation lunaire (effet de fronde gravitique que l’on ne maîtrise que depuis Pioneer 11 lorsque le 5/12/1974 on se servi de la gravitation de Jupiter pour la rediriger vers Saturne) (http://irh.unice.fr/spip.php?article18, http://fr.wikipedia.org/wiki/Assistance_gravitationnelle, http://culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/XML/db/csphysique/metadata/LOM_CSP_QRFrondeGrav.xml, pour refranchir en sens inverse ce même point de Lagrange et rentrer dans le domaine terrestre. Lors des missions Apollo, le CSM (modules de commande / service) enclenche une forte poussée pour sortir de l’orbite lunaire et revenir vers la Terre. La gravitation lunaire n’est pas utilisée en tant que effet fronde.
Jules Vernes est donc indéniablement un précurseur et le 1er à définir un certain nombre de paramètres qui seront ultérieurement effectivement utilisé dans la conquête spatiale.
En outre, c’est toujours parmi les 1ers livres sur lesquels on se jette dès que l’on sait lire.
Konstantine Tsiolkovski (1857 – 1935) : Rêve de la Terre et du Ciel (1895)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Tsiolkovski
Indiscutable héritier de Jules Vernes, Tsiolkovski n’est pas un romancier mais un mathématicien qui va aller plus loin que de simples théories. Il va les calculer.
Son apport le plus important est indéniablement sa fameuse équation (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_de_Tsiolkowski) qui va définir les paramètres à obtenir pour des vols orbitaux et un voyage Terre-Lune.
Non seulement cette équation lui permet du 1er coup d’œil d’écarter le canon (bien que les poudres colloïdales viennent d’être inventée) et ne retient que la fusée, seul véhicule offrant les potentialités d’évolution suffisante pour atteindre les termes requis par l’équation. Il détermine aussi qu’elle devra être à plusieurs étages.
Pour fonctionner dans l’espace où il n’y a pas d’oxygène, la fusée doit en embarquer (1883). Sous forme liquide, comme le carburant (1903), on peut en stocker d’importante quantité qui servira aussi à la respiration de l’équipage. L’oxygène étant liquide à -183°C, il servira aussi au refroidissement de la chambre à combustion du moteur de la fusée. Pour le carburant, il pense dès cette époque à l’hydrogène, stocké aussi sous forme liquide (-253°C). Tout cela est authentiquement et exactement ce que l’on fera ensuite et ce jusqu’à nos jours.
timbre de l’URSS évoquant le fait qu’il ait eu aussi l’idée des stations spatiales
La fusée fut utilisée par le passé comme arme de guerre. Il s’agissait principalement de fusée de feu d’artifices modifiés dont l’impact était plus psychologique qu’autre chose. C’est surtout les indiens (de l’Inde) qui les utilisent contre les anglais fin XVIIIème, avec un certain succès ; mais l’artillerie anglaise porte plus loin et est plus précise. En tout cas, cela marquera suffisamment les britanniques pour qu’ils inventent les « Congreve » (http://en.wikipedia.org/wiki/Congreve_rocket), du nom de son inventeur (en fait une version indienne modifiée) et s’en servent en 1806 d’abord contre la flotte de chaloupes de Napoléon toujours stationnée à Boulogne malgré la défaite de la flotte principale à Trafalgar, puis en 1807 où ils bombardement Copenhague mettant le feu, nous disent les chroniques, à la moitié de la ville. En 1814, les anglais les utilisent pour la dernière fois contre les américains. On en reverra parfois utilisées tour à tour par américains (contre le Mexique), ou russes (contre turques puis contre alliés en Crimée), mais manifestement, elles apparaissent de plus en plus comme un expédient pour le perdant (guerre de Crimée) ou pour un impact psychologique sur des soldats illettrés et mal encadrés.
Elles disparaissent ainsi des arsenaux jusqu’à la guerre de 1914 où le français Le Prieur en dote nos chasseurs Nieuport pour incendier les ballons captifs allemands, les Drachen, gonflés à l’hydrogène (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fus%C3%A9es_Le_Prieur).
Le traité de Versailles imposé aux allemands en 1919 leur interdit de posséder une artillerie lourde à longue portée. Pour tourner cette interdiction, ils se rapprochent de la Russie bolchevique (alors qu’ils sont en pleine guerre civile avec les communistes allemands) qui n’est pas encore l’URSS (elle ne le sera qu’en 1924) et signent le traité de Rapallo (http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Rapallo_(1922). Les russes sortent eux-aussi à peine d’une guerre civile très dure et sont frappés d’embargo par les pays occidentaux et ne peuvent plus accéder à la technologie occidentale. Les allemands leur offre leur savoir, leur connaissance en échange de terrains pour développer les armes que Versailles leur interdit ; mais aussi de nouvelles armes d’avenir comme par exemple l’aviation d’assaut, les blindés rapides… et les fusées destinées à suppléer, voir remplacer l’artillerie si elle leur est toujours interdite ; voir obtenir des portées encore plus importante que le canon de Paris.
*les français possèdent des canons en acier fabriqués au Creusot, mais seule la Marine en a acheté pour ses cuirassés, type de navire qu’elle vient d’inventer. L’Armée n’est pas convaincue par une portée supérieure qu’elle juge inutile vu la dispersion et l’imprécision des coups à longue portée, pense-t-elle. Lors du siège de Paris, nos canons en bronze seront incapables de contrebattre les canons Krupp qui, installés sur les auteurs autour de Paris qui plus est, voient ainsi leur portée supérieure encore augmentée de ce fait et bloqueront toutes les tentatives de sortie en tirant comme à la parade sans essuyer le moindre tir de riposte.
**des vertébrés en tout cas
Les références sources Wikipédia et autres utilisées sont préférentiellement en français, sauf si la version française est incomplète, ce qui est encore souvent le cas ; auquel cas est donné la version anglaise, voir allemande, lorsque cette dernière est plus complète.
La conquête de l’Espace (1)
La conquête de l’Espace (1)
Nouvelle Série
Préambule
Il vous reste encore quelque temps pour réagir (voir le référendum dans Actualités N° 194) si vous ne voulez pas que le discours « Poil » s’arrête. J’ai certes près de 200 articles sous le pied ou près à être mis en ligne sur ce sujet et ça me ferait bien chier de les archiver sans les publier ; mais j’ai aussi près de 200 articles dans la même situation pour cette nouvelle série d’articles.
Comme vous le voyez, je n’en mourrais pas, et le Blog non plus, si le discours « Poil » devait être arrêté. Je serais toujours là pour foutre la merde… pardon, pour mettre mon grain de sel et être un poil à gratter dans la politique.
Alors à vous de voir si cette nouvelle série sera en plus ou à la place…
Introduction
Et une constatation navrante, on n’ira pas sur Mars de notre vivant puisqu’à cause du boulet de la surpopulation (7 milliards aujourd’hui contre 2 ½ en 1969 quand Neil Armstrong mettait le pied sur la Lune) on n’a même plus les moyens de revenir sur la Lune.
Pour ce qui me concerne, c’est une passion qui remonte à l’enfance puisque je suis né avec la conquête spatiale. A 9 ans, je connaissais déjà les constellations et les étoiles principales grâce aux cartes de l’encyclopédie Tout l’Univers. En 1969, j’obtenais de mes parents l’achat de la télévision (encore en N&B) et la 1ère émission de télé que je regardais, c’est justement le 1er pas de l’homme sur la Lune en direct. Plus tard, je fus l’un des principaux animateurs d’un club d’astronomie du 95.
On a déjà évoqué tangentiellement cette histoire. D’abord, nous sommes aussi en lien avec mon homonyme (http://lemomo2.pagesperso-orange.fr) dont une bonne partie est consacrée aussi à ce sujet sur son excellent site que je vous conseille vivement.
Ensuite on a eu un certain nombre d’articles dans la série consacrée à la « bêtise », notamment l’astrologie et les soucoupistes. Les 1ers sont dangereux car, l’astrologie n’est pas une science, mais une croyance… comme les religions ; en plus d’être une superstition.
Les soucoupistes sont plus marrants… tant que cela reste des associations de passionnés même illuminés. Par contre, lorsque cela devient une religion, une secte, comme les raëliens ; ils sont beaucoup moins plaisants qu’à leurs débuts et même franchement chiants et cons.
Quand on voit des gens qui ne pensent pas tous pareils dans un mouvement, un parti ou une association ayant un but commun, c’est normal. Quand vous voyez une structure qui se présente comme telle mais où tous les gens pensent pareil, c’est que vous êtes dans une secte. Les raëliens ont au moins eu la gentillesse (où l’attitude suicidaire comme on veut) à un moment donné de cesser de prendre les gens pour des cons, de renoncer au statut de « mouvement » et d’adopter celui de « religion ». Comme ça les choses sont claires, on sait que ce sont des tarés. Ce n’est hélas pas le cas de toutes les sectes dont nombre se camouflent derrière le statut d’association ou de mouvement, voir même de parti.
Et puis il y a eu aussi cet article (déjà) : http://poilagratter.over-blog.net/article-7201004.html sur certains aspects de cette conquête spatiale qui ne fut pas que des 1ères américaines et soviétiques (surtout soviétiques), mais aussi… françaises et étonnamment passées sous silence dans ce pays où l’on aime pourtant bien faire dans le cocorico.
On terminera cette intro part cette réflexion de Tsiolkovski, l’Arthur Clarke russe… avant Arthur Clarke : « La Terre est un berceau pour l’Humanité. Et on ne passe pas sa vie dans un berceau. »
50ème anniversaire de la conquête de lEspace.
50ème anniversaire de la conquête de l’Espace.
L’année même où disparaissait Wilhelm Reich (http://poilagratter.over-blog.net/article-5842467.html), le monde entrait dans une ère nouvelle : celle de la conquête spatiale.
Les USA furent totalement surpris par cette 1ère soviétique que fut le lancement et la mise sur orbite de Spoutnik I le 4/10/1957.
Ce n’est pas qu’il n’était pas près, mais le meilleur spécialiste était Werner Von Braun, un nazi, et les américains s’en méfiait. De plus, son organisation, la future NASA était civile et les fusées balistiques étaient des armes à l’époque ininterceptable, et l’US Air Force, l’US Navy avait la priorité en matière de crédits. Le projet américain concurrent Vanguard dépendait justement de la Navy. Ce fut un lamentable échec et seul les succès répétés des soviétiques firent que Von Braun finit par obtenir la priorité et que fut créée la NASA.
Dans nos milieux écolo, on entend souvent cette réflexion : « on ferait mieux de s’occuper de la faim dans le monde au lieu d’envoyer des milliards dans l’espace. »
Nous nous inscrivons en faux face à cette assertion.
Le seul point de la conquête spatiale que nous contestons, et il est le plus coûteux, est le programme de la station spatiale habitée dont l’utilité est très contestée par les scientifiques eux-mêmes.
Nous ne nous prononcerons pas sur l’espace « rentable » : télécommunications, télévision, notamment. De toute manière, les progrès des câbles fibro-optiques trans-océaniques font qu’aujourd’hui on lance de moins en moins de ces types de satellites.
Pas d’opinion non plus sur l’espace militaire devenu indispensable pour conserver un statut de grande puissance, que ce soit face aux super puissances aussi que bien que face aux plus petites et même aux groupes terroristes.
Par contre, l’espace que nous qualifierons d’ « utile » démontre plus qu’il n’est nécessaire l’utilité de la conquête spatiale.
Météo : non seulement, les satellites météo coûtent moins chers que les centaines de bateaux répartis à travers les océans qui faisaient ce travail jusqu’en 1960, mais ils sont aussi beaucoup plus performants.
Télédétection : Certes ils servent à découvrir les nouveaux gisements qui vont encore polluer plus la planète une fois mis en exploitation, mais ils servent aussi à identifier quels sont les meilleurs type de terre pour telle ou telle culture, mesurer la déforestation, le recul des glaces, le déplacement des courants océaniques, l’évolution de la couche d’ozone, etc…
En gros, ils apportent les informations indispensables aux politiques pour prendre les décisions (et si possible les bonnes, mais là, ça dépend des électeurs, autrement dit de vous).
Localisation : GPS civil, le petit nouveau.
Scientifique : on distingue 2 types de satellites :
Expérimentaux : dans le but de valider des connaissances théoriques.
Exploratoires : les plus connus, allant in situ, obtenir des informations que l’on ne peut obtenir depuis le sol, sur les planètes voisines notamment.
Pour démontrer à quel point la conquête de l’espace est utile, rappelons 3 points d’histoire :
Lorsque les 1ères sondes furent envoyées, on installa des capteurs pour analyser les différentes couches de l’atmosphère que la fusée traversait. C’est ainsi que fut découvert, fortuitement, la couche d’ozone. De nouvelles sondes permirent de savoir à quoi elle servait. C’est tout aussi fortuitement qu’un NOAA météo découvrit le trou aux pôles. Des satellites spécialisés furent ensuite envoyés pour mesurer ce trou et découvrirent qu’il s’agrandissait. D’autres furent encore envoyés et identifièrent les CFC (chloro-fluoro-carbone) comme coupables.
Ainsi, on peut affirmer que la conquête spatiale nous a sauvé la vie. Sans les satellites, on ne saurait même pas que la couche d’ozone existe, encore moins à quoi elle sert, encore moins qu’elle se réduit, et encore moins à cause de quoi.
Sans les satellites, la vie sur Terre serait redevenue ce qu’elle était il y a 395 millions d’années, à l’aube du Dévonien, où elle ne pouvait exister que dans les océans à une époque où l’absence de couche d’ozone faisait que les UV frappaient toutes les terres émergées (les UV détruisent l’ADN) empêchant toute forme de vie d’y exister.
Et comme les dinosaures, on aurait disparu sans même comprendre pourquoi.
Autre exemple, celui de l’exploration : avant les sondes Voyager, les images des satellites de Jupiter que nous donnaient les télescopes terrestres n’étaient que des points lumineux. On pensait que ces mondes se ressemblaient, étaient gelés et figés. La surprise fut de taille de découvrir des mondes très différent les uns des autres… et pas du tout figés.
Auparavant, l’on pensait que seul le monde biologique était diversifié et animé. Grâce à ces sondes, l’on compris que le monde minéral est tout aussi diversifié et animé, même à de très basses températures. L’on compris aussi, avec les implications philosophiques que cela engendre, que le biologique n’est qu’une voie parmi d’autres de celles qu’offre le minéral.
Encore un pas de plus vers une explication non divine de l’origine de la vie.
La conquête spatiale a joué et jouera encore un rôle fondamental dans la lutte contre l’obscurantisme dans lequel certaines religions veulent maintenir l’humanité.
C’est aussi l’un des aspects des plus important et des plus utile de la conquête spatiale.
Et le 3ème exemple est le cocorico du jour. Au milieu des années 60, alors qu’USA et URSS rivalisaient pour conquérir la Lune ; la France, avec de petits moyens (la fusée Diamant) lançait quelques satellites géodésiques aux noms d’Astérix, Diapason et Diadème.
La théorie de la tectonique des plaques avait été formulée par l’allemand Wegener dès 1903 (appelée à l’époque dérive des continents). En 1965, ce n’était qu’une théorie à laquelle une majorité de scientifique ne croyait pas (Al Gore le rappelle dans sa conférence avec beaucoup d’humour). Et ce sont ces petits satellites français qui vont mesurer l’écartement des continents et prouver la validité de cette théorie (ce qu’Al Gore oublie de dire).
Que serait la pensée scientifique d’aujourd’hui si ce n’avait pas été le cas ? Yves Coppens y a recours pour expliquer son East African Story et les origines de l’Homme notamment. Ou encore, comment pourrait-on expliquer sans l’aide de cette théorie comment les marsupiaux ont survécu sur certains continents et pas sur d’autres. Et les exemples se sont multipliés ces dernières années.
Une part très importante de la conquête spatiale qui nous revient et qui est étonnamment minorée… même en France. Allez savoir pourquoi !
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