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le blog poilagratter

K 19

11 Mars 2008 , Rédigé par momo Publié dans #Histoire


K 19

 

L’article du supplément télé du « Parisien » est indicatif de l’ampleur de la désinformation que nous subissons aujourd’hui dans ce pays sur le communisme.

 

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On appréciera particulièrement l’adverbe « évidemment » et l’adjectif « habituel » employés par un(e ?) journaliste suffisant et pédant, mais manifestement ignorant et incompétent. S’il s’était donné la peine d’interviewer les survivants aujourd’hui en retraite de ce bâtiment (ce qu’à fait l’équipe de Kathryn Bigelow (voir les remerciements à la fin du film)), il se serait rendu compte qu’il n’y a nuls clichés dans ce chef d’œuvre qui mérite 3 étoiles. Par contre « Octobre Rouge » avec Sean Connery frôle effectivement la caricature, mais « K 19 » raconte avec exactitude des faits réels bien connus des historiens depuis la chute du mur.

 

Petit rappel historique : Le K 19 appartient à la classe Hotel de sous-marins. Construit à 9 exemplaires, ils sont les 1ers sous-marins lance missiles stratégiques à propulsion nucléaire de la flotte soviétique qui entrent en service en 1959 avec 5 ans de retard sur les USA.

On peut  lire dans le Jane’s de 1978 : « ces sous-marins déjà dépassés avant même d’entrer en service (les 1ers sous-marins US emportaient déjà 12 missiles contre 3 pour les Hotel) illustre le désir des soviétiques de construire des armes à tout prix ». Discours assez surprenant dans la presse spécialisée occidentale de l’époque pourtant largement intoxiquée par la CIA qui surestimait sciemment le matériel soviétique pour justifier les programmes d’armement US.

Malgré la déstalinisation (toute relative ; voir ce qui s’est passé à Budapest en 1956), c’est tout à fait exact que Khrouchtchev poussait à prendre des risques pour bluffer les américains sur le réel retard de l’URSS. Il fit de même avec la conquête spatiale et à Cuba.

C’était d’autant plus nécessaire qu’il réduisait les effectifs de l’armée conventionnelle (affectés aux usines pour produire plus de biens de consommation) en misant à fond sur le nucléaire pour donner le change.

Depuis la chute du mur, ce n’est un secret pour personne qui cherche à s’informer que la 1ère génération de sous-marins nucléaire soviétique (les Hotel lance-missiles stratégiques, les Echo lance-missiles de croisière, les November d’attaque) était très déficiente en bien des domaines. Les marins et leurs familles les appelaient les « faiseurs de veuves » ce qui en dit long sur l’isolement inadéquat du réacteur. Ils étaient si peu fiables que l’URSS construisit en parallèle les mêmes mais en propulsion classique diesel-électrique. Ce furent les classes Golf lance-missiles stratégiques, Juliet lance-missiles de croisière et Romeo d’attaque.

En 1965, tout les Hotel (de même que les Golf) furent transformés en Hotel II par remplacement des missiles SS-N-4 à carburant solide, de portée réduite et qui ne pouvait être tiré qu’en surface par des SS-N-5 à carburant liquide de plus grande portée et pouvant être tiré en plongée.

Malgré la refonte, l’un d’entre eux coula dans le Pacifique au large du Canal de Panama.

La chaîne ARTE, qui elle est composée de vrais journalistes, pas de charlots, produisit une excellente émission sur la récupération de ce sous-marin… par la CIA.

C’est Howard Hugues qui servit de couverture à l’opération. Un autre personnage qui inspira Hollywood avec le film « Aviator » de Scorcèse avec Leonardo di Caprio dans le rôle du milliardaire excentrique.

La CIA présenta officiellement l’expédition comme la 1ère prospection des nodules métallifères dont on pensait que le fond des océans était tapissé.

Ce n’est d’ailleurs pas par souci d’écologie que les industriels y ont aujourd’hui renoncé, mais parce qu’ils sont d’une teneur métallique bien trop faible pour que l’exploitation soit rentable.

Sous cette couverture, le renflouement commença et… failli se terminer en catastrophe.

Presque arrivé en surface, le sous-marin versa sur le côté, un silo s’ouvrît et le missile sorti à moitié. Il s’en fallu de peu qu’il ne retombe au fond de l’océan… et que l’ogive nucléaire armée n’explose.

Finalement le sous-marin fut remorquer à San Diégo et examiné par les experts du Pentagone.

C’est ce sous-marin que vous voyez dans le film, Hollywood ayant obtenu l’autorisation de l’utiliser pour le tournage. En URSS, il n’en reste qu’un seul transformé en Hotel III puis IV puis V pour des essais et qui n’a plus, avec un kiosque complètement transformé, qu’une vague ressemblance avec l’Hotel II capturé par la CIA. La nouvelle Russie l’a depuis envoyé rejoindre les autres à la ferraille.

C’est d’ailleurs la cause de la seule erreur technique de ce film. Lorsqu’après avoir percé la banquise du Pôle Nord pour tirer le missile en surface (ce qui est conforme aux possibilités du SS-N-4), les ordres de tirs sont donnés, on entend :

·        « Remplissage des réservoirs du missile ? »

·        « Remplissage effectué ! »

Le SS-N-4 ne peut évidemment pas être rempli puisque la poudre solide y est stockée dès la fabrication contrairement aux propergols liquides du SS-N-5 de l’Hotel version II, celle dont disposait l’équipe de tournage.

 

Ce que n’a « évidemment » pas remarqué l’abruti(e) du « Parisien » envoûté par l’« habituel » lavage de cerveaux communiste.

 

Nul doute qu’il se serait abstenu d’un tel commentaire pour un film sur le IIIème Reich qui en sont souvent bourrés… de clichés.

Il ne faut  pas s’étonner dans ces conditions de voir le PCF remonté la pente aux municipales. On l’avait dit pourtant qu’il faut achever la bête immonde pendant qu’elle est au sol. Mais que faire quand les gens sont manipulés par des journalistes comme celui-là. Il est probable que ce journaliste n’est pas communiste et ne pense pas être manipulateur, mais voilà ce qui arrive lorsqu’on donne la parole à un perroquet manipulé qui en plus veut frimer et se prend pour un critique culturel de « Libé ». Pauvre con ! L’emploi de ces adjectifs et adverbes est particulièrement révélateur sur l’aspect « convaincu » du manipulé qui confond propagande et vérité historique. Il n’a de toute façon aucune excuse pour ne pas avoir vérifié par lui-même, en interviewant les survivants de l’équipage comme le font les journalistes d’ARTE.

Hors, comme peu de gens regarde ARTE et beaucoup lisent le Parigot, comme rare sont les journalistes eux-mêmes qui vérifient leurs sources comme le leur impose pourtant leur code d’étique professionnel ; comment s’étonner d’en observer les répercutions sur les masses dont rare sont ceux qui font ce travail de vérification et font confiance aveuglément aux journalistes persuadés qu’eux ont fait ce travail. En sus, ce commentaire du Parigot ne s’appui sur aucune source ; c’est un commentaire partisan, subjectif outre que présomptueux qui ne relève pas d’autre chose que la propagande et la manipulation. C’est l’œuvre d’un sale con !

 

C’est justement là, le rôle d’Internet, qui s’il n’existait pas ne permettrait pas à certains d’entre-nous de corriger le tir. Avant Internet, ce n’était que très difficilement possible de contrer l’intoxication des masses. On tombait d’une propagande dans une autre, d’une manipulation dans une autre. Aujourd’hui, grâce à Internet, il est possible d’éviter de tomber de Charybde en Sylla. Faudrait encore que vous sachiez lire, bandes de lobotomisés ; car il m’a fallu 2 pages que vous ne lirez pas pour démonter 3 lignes que vous lirez. Là est le drame, le drame de la connerie humaine... votre connerie. Internet n’est qu’un outil. Faut encore savoir s’en servir et cela vaut dans les 2 sens, pour le chercheur comme pour le lecteur. A quoi peut bien servir le travail du chercheur si personne ne le lit à cause d’un public d’abrutis qui ne regarde que les photos et les films et se foutent éperdument du texte.

La majorité des rares qui lisent sont justement ces saloperies d’espions communistes, de menteurs, manipulateurs, etc…

Mais si seulement quelques personnes censées sont touchées (moins de 5 après 1 an d’existence), ça n’aura pas complètement été inutile.

C’est pourtant pas compliqué bande de zombies !

 

 

 

 

 

 

 

 

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