Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 17:59

 

Un « flash économie » du directeur de la recherche et des études de Natixis, du 21 octobre, confirme l’ampleur de la dégradation de la situation économique et sociale à venir. Cette note infirme les propos lénifiants sur la sortie de crise. Elle s’intitule : « que les gouvernements aient le courage de dire la vérité aux Européens. »
Il suffit d’aller sur le site
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=49177
pour prendre connaissance de la note 470 du 21 octobre 2009 rédigée par Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques du groupe Natixis (Banque populaire-Caisse d’épargne), économiste aux références impressionnantes, pour se faire une idée du pavé dans la mare que constitue cette analyse assez iconoclaste provenant des milieux d’affaires.

D’entrée, il pose un diagnostic sans appel sur ce qui nous attend et sur l’inutilité de raconter des histoires aux peuples qui subissent la crise et à qui on voudrait faire croire qu’on est en train d’en sortir :

« Au lieu d’entretenir l’espoir d’une reprise rapide de la croissance et de l’emploi, les gouvernements feraient mieux de dire aux Européens qu’ils vont être confrontés :
• à une perte irréversible d’emplois dans les secteurs qui se contractent après la crise (construction, finance, biens durables…), d’où un chômage durablement très élevé ;
• à l’absence d’idées pour créer des emplois nouveaux en quantité suffisante pour compenser les pertes d’emplois ;
• à l’inefficacité des politiques de soutien de la croissance par l’exportation, avec la contraction du commerce mondial et, pour la zone euro, le risque d’appréciation de la devise ;
• à la disparition du modèle de soutien de l’activité par la hausse de l’endettement ;
• au besoin de rééquilibrer les finances publiques par des politiques budgétaires restrictives ;
• à l’accélération des délocalisations avec l’écart de croissance et de coûts de production entre les pays émergents et les pays de l’OCDE ;
• à la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, avec le chômage élevé, les délocalisations… »

La suite n’est pas plus réjouissante. Face à ce constat, Patrick Artus considère que
« la seule solution constructive à cette masse de problèmes n’est pas d’amplifier les politiques contracycliques mais :
• d’accepter la perte inévitable de pouvoir d’achat et de capacité de dépense de l’Etat ;
• de construire les entreprises et les secteurs qui créeront de nouveaux emplois durables. »

En un mot, il ne croit pas« qu’il puisse y avoir une véritable reprise cyclique en Europe, que la perspective est celle d’une croissance durablement dépréciée et d’un chômage durablement élevé. »


Une crise structurelle grave

Graphiques à l’appui, il développe l’idée qu’il vaudrait beaucoup mieux expliquer aux Européens les raisons pour lesquelles il y a une crise structurelle grave, ce qu’il fait en entrant dans le détail de chacun des chapitres de son introduction. Ce faisant, il confirme ce que disent depuis un certain temps nombre d’économistes peu médiatisés, pas seulement néo-marxistes, mais bien au-delà, qui dénoncent la duplicité de ceux qui ne veulent voir dans cette crise qu’une crise du capitalisme financier, au mieux une crise conjoncturelle en fin de cycle.

On peut se demander pourquoi cette analyse –qui n’engage pas la banque, mais qui émane de son directeur de recherche et d’études tout de même- vient maintenant après que Natixis et le groupe aient défrayé la chronique financière par de lourdes pertes au moment de la crise des subprimes ?

Les deux groupes mutualistes avaient enregistré en 2008 des pertes record à hauteur de 2,5 milliards d’euros, ce qui avait conduit à leur regroupement fin février 2009, sous la pression de l’omni-président, déléguant François Pérol, secrétaire adjoint de l’Elysée, pour prendre la tête du nouveau groupe. Il cumule également la fonction de président du conseil de surveillance de Natixis. Cette double fonction lui assurant une rémunération mensuelle de près de 50 000 euros !

Comme quoi on peut être banques coopératives et assurer de bons revenus à son directeur qui devrait, le pauvre, se passer de bonus en 2009…en principe. Un tel niveau de revenu relève de la provocation. C’est tout un symbole.

D’autant que Patrick Artus souligne que l’une des causes structurelles de cette crise –le déplacement du capital- entraînera un chômage très élevé et un partage des revenus très défavorable aux salariés. Donc davantage de chômeurs, baisse du pouvoir d’achat des salaires, (mais pas des très hauts revenus !) accroissement de la précarité et de la pauvreté.

Tel est l’avenir vraiment très sombre qui nous est décrit. Il n’est, malheureusement, pas fait pour nous surprendre. Cette étude se veut une alerte aux milieux d’affaires et aux gouvernements, pour qu’ils tiennent un discours plus proche des réalités sous peine d’avoir quelques déboires en termes de crédibilité. Ainsi qu’une invitation à adapter leurs politiques car le monde est en train de changer de base : les pays dominants sont de moins en moins le centre de gravité des échanges économiques et leur influence s’en ressent.

De quoi alimenter quelques colères sociales amplement justifiées et appeler des transformations radicales dans la structure même de nos sociétés et de leurs modes de gestion.

Si l’on rajoute la hausse continue de l’or, révélateur hors-pair de la méfiance des milieux informés ; et surtout les leçons de l’Histoire, notamment 1929 où la crise financière fut suivie après une reprise, de la crise économique, la vraie, dite de la Grande Dépression de 1930 à 1932.

Chose que peux de gens savent, bande de cons.

C’est dire que, et pour exactement les mêmes raisons, la crise est devant nous, pas derrière.

 

La crise financière de 1929 fut la conséquence d’une fuite en avant du crédit comme ce fit le cas avec les subprimes. On y trouve des Madoff comme Stavisky. D’un effondrement et de la ruine des classes moyennes surendettées par la crise financière. Puis survint, après une reprise, la crise économique (le pire qui reste à venir pour nous) liée à la contraction des marchés, la fermeture des entreprises asphyxiées par la fermeture du crédit, la chômage qui entraîne une baisse de la consommation, puis de la production qui entraîne à son tour de nouvelles fermetures d’usines et de nouveaux chômeurs, etc…

 

1.      Le New Deal de Roosevelt n’entraîna qu’une légère reprise. C’est surtout la fin des traités de désarmement arrivant à échéance (1934) et non renouvelés (1936) et la reprise de la course aux armements qui relança l’emploi et permis une sortie de crise.

2.      Le protectionnisme n’est en aucun cas la cause de cela et de la guerre qui suivi. Bien au contraire, c’est ce dernier qui épargna la France de Tardieu (http://poilagratter.over-blog.net/article-7342022.html). Impopulaire, il fut viré au profit de Laval qui plongea la France dans la Crise… en adoptant la même politique que Hoover. C’est exactement ce que font Sarkosy et Lagarde.

3.      C’est ce même protectionnisme, bien plus que le New Deal en lui-même, largement surestimé historiquement pour des raisons de propagande face à la « bonne » politique allemande, qui permit partout la reprise là où les économies étaient protégées.

 

Il est bien évident que nos frontières ouvertes actuelles ne favorisent QUE les pays émergent. Seul le recours à l’immigration, à la casse des salaires et des conditions de travail peut permettre à nos entreprises de survivre. Si on rajoute leurs besoins irrépressifs de faire des profits, ne serait-ce que pour s’assurer du crédit (sans parler des dividendes et des plus-values à se mettre dans la poche), inutile de dire que l’on a là l’explication des licenciements dans les entreprises qui font des profits de façon à se prémunir des mauvais jours à venir (ce que les communistes ne vous diront évidemment pas).

Mieux, l’Histoire nous apprends que les crises permettent une concentration du capital et par conséquent un renforcement du Pouvoir de ces détenteurs.

Voilà pourquoi, il ne faut pas s’attendre à voir le bourgeois Sarkosy et ses potes mondialistes, qui ont donc tout intérêt à maintenir les frontières ouvertes, nous protéger de la crise.

Par contre, comme hier, seul le protectionnisme peut nous sauver ; sans parler qu’il est aussi le seul moyen d’aller vers une décroissance, une sauvegarde des emplois par une réduction du temps de travail sans perte de salaire ; indispensable à la réduction des émissions à court terme du CO2.

Le retour à la Révolution sexuelle et une baisse de la natalité complétant à long terme cette politique.

 

Et ce programme… n’existe que chez nous, bande de cons !

 

Quand donc allez-vous adhérez ? Vous attendez de payer votre cotise avec vos allocations chômage ?  

 

Pendant ce temps là, les Sarko, Fillon, Lagarde claironne le contraire…

 

http://actu.voila.fr/actualites/france/2009/12/01/nicolas-sarkozy-se-rend-dans-le-var-pour-faire-le-point-sur-la-relance-de-l-economie_416596.html

 

…et vous allez les approuver et les soutenir lors des prochaines élections comme le démontre la baisse d’audience de ce Blog.

 

Tas de cons !

Par momo - Publié dans : Surpopulation & décroissance - Communauté : surpopulation
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