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le blog poilagratter

La conquête de l’Espace (2)

16 Août 2012 , Rédigé par momo Publié dans #Conquête de l'Espace

La conquête de l’Espace (2)

 

Nouvelle Série

 

 

 

Les précurseurs

 

Jules Vernes (1828 – 1905) : De la Terre à la Lune (1865) Autour de la Lune (1869)

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Verne

http://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Terre_%C3%A0_la_Lune

http://fr.wikipedia.org/wiki/Autour_de_la_Lune

 

jules%20verne%20les%20voyages%20extraordinaires%20bloc%20ti

timbres édités en son honneur

 

Écrit à la fin de la guerre de Sécession, il n’est pas étonnant que l’auteur français choisisse le canon comme élément propulseur et l’obus comme vaisseau spatial. En effet, le canon en acier vient d’être inventé et outre des performances en progrès considérable va être l’atout principal des victoires des nordistes sur les canons en bronze des sudistes (1861 -65) et des prussiens sur les autrichiens (1866) et les français (1870).*

Il ne sera cependant jamais possible d’envoyer des êtres vivants dans l’espace avec un canon**, même après l’invention des poudres colloïdales à combustion progressive (1886) ; mais l’on verra avec le canon de Paris en 1918 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pariser_Kanonen), des obus sortir de l’atmosphère lors de leur trajectoire balistique. Ces obus qui retombent ensuite sur Paris sont les 1ers objets de fabrication humaine à pénétrer le domaine spatial (aux alentours de 40 km d’altitude pour une portée de 110 km).

Jules Vernes a cependant compris bien des choses. Le canon est installé… en Floride, non loin du Cap Canaveral qui deviendra en 1963 Cap Kennedy. Il a en effet intégré dans sa réflexion d’anticipation qu’en se rapprochant de l’Equateur, la vitesse de rotation de la Terre est plus importante et se rajoute à la vitesse initiale de l’obus à la sortie du tube.

Son obus / cabine spatiale n’a pas non plus les moyens d’alunir et de redécoller de la Lune. Il en fera donc le tour pour revenir sur Terre… en utilisant le freinage atmosphérique. Ce que feront toutes les capsules spatiales conçues pour revenir sur Terre.

Enfin, il connaît un point de Lagrange (http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_de_Lagrange) du système Terre-Lune (il y en a en réalité 5) où s’équilibrent et s’annulent les gravitations terrestres et lunaires et où la vitesse de l’obus / cabine spatiale doit être suffisamment élevée pour le franchir et rentrer dans le domaine lunaire. Au retour, l’obus / cabine spatiale accélère en se servant de la gravitation lunaire (effet de fronde gravitique que l’on ne maîtrise que depuis Pioneer 11 lorsque le 5/12/1974 on se servi de la gravitation de Jupiter pour la rediriger vers Saturne) (http://irh.unice.fr/spip.php?article18, http://fr.wikipedia.org/wiki/Assistance_gravitationnelle, http://culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/XML/db/csphysique/metadata/LOM_CSP_QRFrondeGrav.xml, pour refranchir en sens inverse ce même point de Lagrange et rentrer dans le domaine terrestre. Lors des missions Apollo, le CSM (modules de commande / service) enclenche une forte poussée pour sortir de l’orbite lunaire et revenir vers la Terre. La gravitation lunaire n’est pas utilisée en tant que effet fronde.

Jules Vernes est donc indéniablement un précurseur et le 1er à définir un certain nombre de paramètres qui seront ultérieurement effectivement utilisé dans la conquête spatiale.

En outre, c’est toujours parmi les 1ers livres sur lesquels on se jette dès que l’on sait lire.

 

 

 

Konstantine Tsiolkovski (1857 – 1935) : Rêve de la Terre et du Ciel (1895)

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Tsiolkovski

 

 

Indiscutable héritier de Jules Vernes, Tsiolkovski n’est pas un romancier mais un mathématicien qui va aller plus loin que de simples théories. Il va les calculer.

Son apport le plus important est indéniablement sa fameuse équation (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_de_Tsiolkowski) qui va définir les paramètres à obtenir pour des vols orbitaux et un voyage Terre-Lune.

Non seulement cette équation lui permet du 1er coup d’œil d’écarter le canon (bien que les poudres colloïdales viennent d’être inventée) et ne retient que la fusée, seul véhicule offrant les potentialités d’évolution suffisante pour atteindre les termes requis par l’équation. Il détermine aussi qu’elle devra être à plusieurs étages.   

Pour fonctionner dans l’espace où il n’y a pas d’oxygène, la fusée doit en embarquer (1883). Sous forme liquide, comme le carburant (1903), on peut en stocker d’importante quantité qui servira aussi à la respiration de l’équipage. L’oxygène étant liquide à -183°C, il servira aussi au refroidissement de la chambre à combustion du moteur de la fusée. Pour le carburant, il pense dès cette époque à l’hydrogène, stocké aussi sous forme liquide (-253°C). Tout cela est authentiquement et exactement ce que l’on fera ensuite et ce jusqu’à nos jours.

 

sm tsiolkovsky

timbre de l’URSS évoquant le fait qu’il ait eu aussi l’idée des stations spatiales

 

 

 

La fusée fut utilisée par le passé comme arme de guerre. Il s’agissait principalement de fusée de feu d’artifices modifiés dont l’impact était plus psychologique qu’autre chose. C’est surtout les indiens (de l’Inde) qui les utilisent contre les anglais fin XVIIIème, avec un certain succès ; mais l’artillerie anglaise porte plus loin et est plus précise. En tout cas, cela marquera suffisamment les britanniques pour qu’ils inventent les « Congreve » (http://en.wikipedia.org/wiki/Congreve_rocket), du nom de son inventeur (en fait une version indienne modifiée) et s’en servent en 1806 d’abord contre la flotte de chaloupes de Napoléon toujours stationnée à Boulogne malgré la défaite de la flotte principale à Trafalgar, puis en 1807 où ils bombardement Copenhague mettant le feu, nous disent les chroniques, à la moitié de la ville. En 1814, les anglais les utilisent pour la dernière fois contre les américains. On en reverra parfois utilisées tour à tour par américains (contre le Mexique), ou russes (contre turques puis contre alliés en Crimée), mais manifestement, elles apparaissent de plus en plus comme un expédient pour le perdant (guerre de Crimée) ou pour un impact psychologique sur des soldats illettrés et mal encadrés.

Elles disparaissent ainsi des arsenaux jusqu’à la guerre de 1914 où le français Le Prieur en dote nos chasseurs Nieuport pour incendier les ballons captifs allemands, les Drachen, gonflés à l’hydrogène (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fus%C3%A9es_Le_Prieur).

 

Le traité de Versailles imposé aux allemands en 1919 leur interdit de posséder une artillerie lourde à longue portée. Pour tourner cette interdiction, ils se rapprochent de la Russie bolchevique (alors qu’ils sont en pleine guerre civile avec les communistes allemands) qui n’est pas encore l’URSS (elle ne le sera qu’en 1924) et signent le traité de Rapallo (http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Rapallo_(1922). Les russes sortent eux-aussi à peine d’une guerre civile très dure et sont frappés d’embargo par les pays occidentaux et ne peuvent plus accéder à la technologie occidentale. Les allemands leur offre leur savoir, leur connaissance en échange de terrains pour développer les armes que Versailles leur interdit ; mais aussi de nouvelles armes d’avenir comme par exemple l’aviation d’assaut, les blindés rapides… et les fusées destinées à suppléer, voir remplacer l’artillerie si elle leur est toujours interdite ; voir obtenir des portées encore plus importante que le canon de Paris.

 

 

 

 

*les français possèdent des canons en acier fabriqués au Creusot, mais seule la Marine en a acheté pour ses cuirassés, type de navire qu’elle vient d’inventer. L’Armée n’est pas convaincue par une portée supérieure qu’elle juge inutile vu la dispersion et l’imprécision des coups à longue portée, pense-t-elle. Lors du siège de Paris, nos canons en bronze seront incapables de contrebattre les canons Krupp qui, installés sur les auteurs autour de Paris qui plus est, voient ainsi leur portée supérieure encore augmentée de ce fait et bloqueront toutes les tentatives de sortie en tirant comme à la parade sans essuyer le moindre tir de riposte.

 

**des vertébrés en tout cas

 

 

 

Les références sources Wikipédia et autres utilisées sont préférentiellement en français, sauf si la version française est incomplète, ce qui est encore souvent le cas ; auquel cas est donné la version anglaise, voir allemande, lorsque cette dernière est plus complète. 

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