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le blog poilagratter

L’Etat-Nation (2)

29 Décembre 2009 , Rédigé par momo Publié dans #Politique

L’Etat-Nation (2)

République ou Démocratie ?

(Réédition d’un article du MP1PM)

     Nous avons posé la question dans la rubrique actualité de juin 2006. République et Démocratie, France légale et pays réel, ne sont pas la même chose. A quoi cela est-il du ? Au suffrage universel tout simplement. Les anarchistes le disent bien : "Elections : pièges à cons !".

     On le sait même depuis fort longtemps, depuis 1848 pour être précis. Lors de l'instauration de la IIème République, il fut décidé pour la 1ère fois, d'élire le Président de la République au suffrage universel. Tout le monde s'attendait, les bourgeois avec crainte, à un vote révolutionnaire... et ce fut tout le contraire. Ce fut même le vote le plus réactionnaire possible avec l'élection de Louis-Napoléon (Il fallu attendre 1965 pour que l'élection du Président de la République se refasse au suffrage universel).

     C'est ainsi que la bourgeoisie découvrit, que le meilleur moyen de rester les maîtres était de donner le droit de vote... à leurs propres esclaves.

     Depuis 1848, ce fut progressif. On y alla par étape, car le vote réactionnaire frappa encore en 1940, même parmi les députés bourgeois, même de gauche (et si le peuple eût été consulté, nul doute qu'il aurait aussi voté Pétain). D'abord réticente à ce concept, la bourgeoisie fit du suffrage universel son cheval de bataille. C'est l'argument qui permet de taxer de "non démocratique" ses adversaires, dictatures fascistes et "démocraties populaires".

     On y mis un max. de propagande, assimilant suffrage universel et Droits de l'Homme, imposant ce concept au reste du monde. L'imposition du suffrage universel au reste du monde précéda et rendit possible le monde unipolaire capitaliste et mondialiste. Cela aurait été beaucoup plus difficile sans l'aide du suffrage universel.

     Du temps de l'URSS, les propagandistes du PCF faisaient remarquer que bien qu'il n'y avait qu'un seul parti dans les pays de l'Est, 10 % de la population en faisait partie... contre 1 % seulement dans tous les partis réunis en France (dont un bonne moitié de ce 1 % pour le PCF). C'est ce qui faisait qu'on les appelaient "démocraties populaires" (pour une fois, on donnerait presque raison aux stals, d'autant plus qu'aujourd'hui ils tiennent le discours républicain et anti-démocratique des bourgeois).

     Le suffrage universel servit ainsi à éliminer à la fois la dictature stalinienne presque partout et les régimes ultra-réactionnaires devenus gênant (Afrique du Sud de l'apartheid, Chili, Argentine des militaires, etc...). Au début, ces régimes furent suscités par le capitalisme, mais ils furent mis sous embargo à la suite de la pression des forces de gauche, staliniens mais aussi trotskistes, anarchistes, gauchistes, hippies, et la gauche-caviar montante.

    C'est cette dernière qui vint en aide au capitalisme pour permettre de mettre fin à l'embargo et de réintégrer ses pays dans le commerce mondial en supprimant les régimes honnis.

    Mais dès le milieu des années 80, en France, l'on constate que la gauche-caviar ne vaut guère mieux que la droite libérale et met en oeuvre la même politique, l'hypocrisie en plus. Les "alternances" et les "cohabitations" ne vont pas cesser jusqu'en 2002 et le triomphe de la droite par défaut et son score électoral à la Loukachenko.

     Aujourd'hui, le divorce entre la République bourgeoise et son système électoral truqué d'une part, et le peuple qui ne dispose plus que de la rue pour ce faire entendre d'autre part, est total. Le divorce est total entre République et Démocratie, entre France légale et pays réel, entre riches de plus riche et pauvres de plus en plus pauvre, notamment par l'inflation immobilière, l'arnaque du passage à l'Euro où les pièces cuivres ont été escamotées y compris par les services publics (et Bernadette Chirac - David Douillé), etc...

     Aujourd'hui, le peuple hésite entre la tentation populiste et l'abstention. Entre l'utilisation-sanction et le rejet de ce suffrage universel truqué.

     Verdict dans un an d'un scrutin très dangereux et qui montre une autre des absurdités du suffrage universel : pour conduire une voiture, on oblige les gens à passer un permis car sinon, ils risquent d'être un danger pour eux-mêmes et aussi pour les autres, mêmes pour ceux qui savent conduire et ont le permis. Hors le danger ne concerne que la personne qui conduit sans permis et moins d'une dizaine d'autres usagers. Hors le suffrage universel est accordé à toutes personnes ayant la nationalité du pays et de plus de 18 ans. Accordé automatiquement sans permis ! Et il s'agit d'élire quelqu'un qui a le pouvoir d'appuyer sur un bouton rouge et de rayer de la carte 5 fois la population mondiale (dans le cas de la capacité nucléaire militaire française).

 

     On ne tentera pas de faire de prédictions sur le résultat (en 2007, c’est donc Sarko qui a gagné), mais il importe dès maintenant de réfléchir à un système électoral de substitution.

Passons en revue les options alternatives existantes :

1. L'option stalinienne des démocraties populaires est de toute façon à exclure car dès 1918 les "soviets" ont été mis en coupe réglée et ce qui aurait pu être une vraie démocratie populaire à été réduit à une fiction, une simple courroie de transmission du Parti. L'Union Soviétique n'avait plus rien de soviétique depuis l'écrasement du soviet de Kronstadt.

2. L'option anarchiste est aujourd'hui celle qui se rapproche le plus de celle du "pouvoir aux soviets" et se révèle comme la plus intéressante. Elle apparaît comme la forme démocratique à atteindre à la fois géographiquement et corporativement. Sa mise en oeuvre se substituera progressivement à la France légale géographiquement et au tandem patronat-syndicat corporativement. C'est bien le point qui nous distingue des anars. Eux ne veulent pas de transition. Hors de question de participer aux élections sous une forme ou sous une autre. C'est une erreur. Nous sommes persuadés que si Bakounine vivait aujourd'hui, il rallierait notre point de vue. A son époque n'existait comme médias que la presse écrite, et les anars. avaient leurs journaux comme aujourd'hui ils utilisent Internet. Mais n'existait ni la radio et encore moins la télé. Hors qui ne participe pas aux élections ne passe pas à la télé. Et qui ne passe pas à la télé se condamne au groupusculisme perpétuel. Il ne s'agit pas d'être élu, et si cela arrive ce sera la chaise vide ; il s'agit de profiter d'une "publicité". Il faut 6 mois à un militant pour mettre 30 000 tracts dans les boîtes aux lettres. La Poste le fait en 48 heures. Et passer à la télé touche 8 000 000 de personnes instantanément et simultanément. Il faut être maso, demeuré ou sectaire pour ne pas comprendre cela.

3. Ces options sont à rapprocher du "projet d'Autonomie" de Cornélius Castoriadis et bien sur de la "Démocratie du travail" de Wilhelm Reich, options qui ont nos faveurs.

     Progressivement ? Oui, car à moins d'une révolution violente, d'une guerre mondiale, cela ne pourra se faire qu'à travers et par l'utilisation des institutions existantes et le poids qui devra être grandissant de la rue et du vote protestataire. C'est par le suffrage universel que se fera son abolition.

En outre, tous ces projets impliquent la disparition de l'Etat-Nation. Hors, c'est aussi l'objectif du mondialisme. L'Etat-Nation, de principal outil des capitalismes nationaux (avec la religion) jusqu'à récemment, est aujourd'hui devenu le principal rempart contre ce capitalisme devenu mondialiste. (voir chapitre : la 3ème Révolution du marxisme)

Il existe d'autres projets. L'un d'entre-eux fort intéressant... en apparence. C'est celui de Raël. Il l'a formulé sous son vrai nom (Claude Vorilhon) dans le tout 1er bouquin qu'il a écrit : "la géniocratie", avant qu'il ne pète les plombs, rencontre (sans témoins bien sur) ET et créer sa secte.

     Il consiste très simplement à ne donner la carte d'électeurs qu'à ceux qui ont un QI d'au moins 110 et de ne permettre l'éligibilité qu'à ceux qui ont un QI d'au moins 130.

     Seul avantage, cela conserve les institutions existantes, expédient provisoire et nécessaire selon nous, notamment l'Etat-Nation.

     Inconvénient : le même qu'actuellement et cela ne change en fait rien au problème du suffrage universel. En effet, le VRAI problème du suffrage universel est qu'un nombre important d'électeurs sont soit :

1. soit des gens qui ne connaissent rien à la politique.

2. soit des gens qui s'en foutent royalement.

Non seulement, c'est un nombre important, mais c'est une majorité. Hors une minorité de ces indécis suffit à faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. C'est à dire que le vote de ceux qui s'intéresse à la politique est purement et simplement annulé par celui de ceux qui ne s'y intéresse pas ou mal. C'est l'une des contradictions les plus incroyables du suffrage universel que de donner le pouvoir... à ceux qui n'en veulent pas... et par contrecoup de maintenir au pouvoir les maîtres bourgeois ; car le vote majoritaire et prépondérant des "cons" est un vote réactionnaire qui maintient en place les gens du Système par peur, par ignorance du changement, par déception des pseudos changements du passé, par vote en faveur de ceux que l'on voit le plus souvent à la télé (même si leur parti a moins d'adhérents que ceux que l'on n'y voit jamais).

La solution du QI proposée par Raël ne change en fait strictement rien à cet état de fait car l'on peut avoir un QI de 90 et s'intéresser, s'impliquer positivement dans la vie politique, sociale, associative, etc... et donc avoir une opinion politique objective et respectable qui doit pouvoir  s'exprimer ; ou un QI de 140 et être un parfais fumier, profiteur, exploiteur, jouisseur parasite qui n'en a rien à foutre de la politique, et dont le vote sabote la Démocratie. 

  

 

     Notre proposition est la suivante : N'aurons le droit de vote que ceux et celles qui sont membres d'un parti politique ou d'une association impliquée dans la vie politique. Pour ceux dont ce n'est pas le cas et qui veulent s'exprimer politiquement : 2 options :

1. Adhérer à un parti ou une association existante.

2. Faire comme nous. En créer un ou une.

Supprimons le Suffrage Universel !

Vive la Démocratie Militante !

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