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le blog poilagratter

Histoire de la Wallonie (11)

7 Mars 2011 , Rédigé par momo Publié dans #Histoire

 

Histoire de la Wallonie (11)

 

Signez, faites signer la pétition : http://9038.lapetition.be/

 

La Flandre ne s’était pas contenté d’obtenir la séparation dans l’Armée (1938), elle obtint aussi le retour de la Belgique à la neutralité (1936) comme avant 1914 et avec les mêmes risques que cela devrait avoir. Aucune concertation avec l’Etat-Major français, même après la déclaration de guerre franco-anglaise de septembre 1939, même après la capture (février 1940) par les hollandais (autre état neutre) d’un officier de renseignement allemand portant sur lui les plans d’invasion allemand. Ces plans ne laissaient aucun doute sur les intentions allemandes : c’était une réédition du plan Schlieffen de 1906 appliqué en 1914 avec une modification, et de taille, puisqu’incluant l’invasion non seulement de la Belgique, mais aussi des Pays-Bas.

En avril 1940, Hitler passe à l’attaque… en envahissant le Danemark et la Norvège, validant ainsi la théorie d’un plan Schlieffen d’enveloppement à grande échelle, bien plus grande encore que ne le laissait à penser les plans allemands capturés.

Voyant cela et pas complètement idiots quand même, les belges et hollandais mobilisent. 26 divisions belges et 8 à 10 hollandaises vont aller prendre position face à la frontière allemande… mais toujours sans prendre le moindre contact avec le Gal Gamelin, chef des forces franco-anglaises.

Sur le plan naval, la flotte belge est inexistante, seule la flotte hollandaise représente quelque chose, mais ses meilleurs bâtiments sont dans sa colonie d’Insulinde (l’actuelle Indonésie) pour la protégée, et ses immense réserves de caoutchouc et de pétrole. L’une est indispensable à la fabrication des pneus, du revêtement des galets de suspension des chars et même des chenilles elles-mêmes (type Kégresse) de ce nouvel engin qu’est le semi-chenillé (qui l’est au ¾ chez les allemands) et qui permet de transporter sous blindage l’infanterie d’accompagnement des chars et de tracter les pièces d’artillerie à la vitesse des chars ; l’autre sert évidemment à faire l’essence pour passer des 5 à 10 km/h du cheval aux 35 -45 que permet la motorisation. Enfin, un camion emporte une quantité de matériels ô combien plus importante que les chevaux qui doivent aussi embarquer leurs fourrages. Les camions ne mangent pas de foin.

Là-bas, en Extrême-Orient le danger s’appelle le Japon et ne se matérialisera qu’1 an ½ plus tard.

Pour l’heure, les Pays-Bas compte surtout en Europe sur leurs sous-marins, doté d’une invention révolutionnaire, le schnorkel (permettant de faire fonctionner le moteur diesel en plongée) dont on ne sait pourquoi, il ne viendra aux allemands de l’utiliser qu’APRES avoir perdu la bataille de l’Atlantique à la mi-1943 et dont on sait aujourd’hui que s’ils l’avaient utiliser, ils l’auraient gagner… et gagner la guerre.

Sur le plan aérien, les meilleurs chasseurs belges sont… italiens (Fiat CR 42) auxquels se rajoutent quelques bombardiers légers anglais (Fairey Battle). L’aviation néerlandaise, équipée en Fokker principalement, est bien meilleure. La célèbre firme en exporte partout (la France a même commandé des chasseurs à l’autre firme batave, Koolhoven), notamment en Finlande où cette dernière, lâchement agressée par Staline les utilise et fait un carton sur la chasse soviétique laissant penser à Hitler que l’URSS, militairement, ne vaut pas un clou. Adolf paiera cher ce jugement partial 2 hivers plus tard.

 

Mais revenons au front principal au moment où Adolf lance son attaque le 10 mai 1940. A ce moment, et depuis la capture de ses plans, Hitler cherche un autre plan. Il va le trouver auprès du futur General Feldmarschall von Manstein.

Pendant ce temps, le Gal Gamelin, s’est refusé à attaquer l’Allemagne en septembre-octobre 1939 pour diverses raisons :

 

La mobilisation n’est pas terminée et les troupes coloniales, dont les excellentes DINA (divisions d’infanterie nord-africaines) ne sont pas encore là de même que le XIXème corps composé des mobilisés pieds-noirs.

 

Il n’y encore qu’une seule DCr (Division Cuirassée, l’équivalent des Panzers allemandes créer par notre Infanterie) et une seule DLM (Division Légère Mécanique, idem par notre cavalerie). Une doctrine différente, des matériels différents. La cavalerie possède aussi des DLC (Division Légère Mécanique) avec une brigade mécanique et ces fameux semi-chenillés accompagnés de quelques chars légers (l’inverse de ce qu’il faut faire) et une brigade à cheval à l’ancienne. Ces unités bâtardes et déséquilibrées (vitesse de déplacement moyenne des unités mécaniques : 30 à 35 km/h, à cheval… moins de 10) n’ont aucune chance face aux panzers et leurs blindés eussent été mieux utilisés dans les DLM et pour permettre d’en avoir plus que les 3 qui seront sur pied en 1940. L’infanterie fera la même erreur les bataillons de R-35 dispersés dans les Corps d’Armée auraient pu presque doubler le nombre de DCr qui s’établira aussi à 3 en mai 40, une 4ème (commandée par un certain Colnel de Gaulle) étant sur le point d’entrer en service… en intégrant (enfin) un bataillon de ces R 35 accompagné de ce char D 2 dont de Gaulle disait qu’on aurait pu en produire 2 ou 3 pour le prix d’un unique B 1bis

(pour les profanes, le B 1bis est un « monstre » de 32 t qui fera des ravages dans les unités allemandes, même de panzers, à Stonne avec la 3.DCr., alors que le D 2 n’a pas ce canon de 75 en caisse anti-infanterie qui l’oblige à être soutenu en permanence par l’infanterie portée… ce dont manque les DCr justement. Un vice structural que de Gaulle compensera en intégrant des unités… de cavalerie initialement prévue pour une 4ème DLM… mais sans l’appui aérien des autres DLM et DCr. Il payera cher ce manque à Montcornet dû au fait… qu’il ne croyait pas, contrairement aux allemands et aux autres chefs de l’arme blindée française (Prioux notamment), à la valeur de l’appui aérien. De quoi écorner le mythe…)

 

Gagner du temps pour permettre :

 

Au blocus maritime (qui devrait se renforcer avec la contre-offensive alliée en Norvège et notamment à Narvik) d’étrangler économiquement l’Allemagne. Mais ce sera un échec car dans le cadre du Pacte germano-soviétique, Staline ravitaille Hitler dans toutes les matières 1ères essentielles qui lui manque et même au-delà. Staline va ainsi même permettre aux croiseurs auxiliaires corsaires Komet et Michel de gagner le Pacifique via la nouvelle route maritime arctique qu’il vient juste d’ouvrir avec ses nouveaux brise-glaces géants (construits sur plans américains).

 

Aux fournitures américaines de compenser les manques de l’industrie française sabotée par les communistes. Mais les américains ne se conduisent pas correctement. Ils acceptent par exemple de nous vendre des chasseurs Curtiss H 75, mais à un prix… 2 fois plus élevé que notre Dewoitine 520 alors que le Curtiss lui est pourtant inférieur (même son successeur, le Curtiss H 81 (P 40 dans l’USAAF) ne sera jamais aligné sur le front Ouest par les anglais et sera envoyé contre les italiens en Afrique du Nord, les autres seront vendus à la Chine de Tchang Kaï Check (les Tigres volants de Chennault) et à l’URSS). Malgré son infériorité face aussi au Messerschmitt Bf 109 et son prix, la France tergiverse, perd du temps, puis finit par se soumettre à l’arnaque US. Seul… 98 seront en état de servir en 1940 car entre temps il faudra les doter de mitrailleuses fournie par la FN belge de Herstal (quasi clandestinement vu la neutralité… et en violation de cette dernière, mais heureusement, à Herstal, ils sont wallons) seule capable de mettre les Browning du H 75 au calibre français de 7.5 (contre 7.62 aux USA) car la firme française MAC ne fabrique pas de mitrailleuses de capot n’ayant pas été capable de mettre au point un système de tir à travers l’hélice (existant pourtant depuis… 1916). L’incroyable de l’histoire, c’est qu’un petit industriel français, Régis Darne, y est parvenu, facilement même… mais il n’est pas franc-maçon et il est écarté par une collusion entre les ministres trois-points de l’Armement et de l’Armée et ceux de la direction de la Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC). L’autre sabotage de mai 40, de type magouille commerciale (toujours vrai aujourd’hui ce genre de saloperie, comme on peut le voir dans l’économie française actuelle) et qui sera, avec celui des communistes, à la base de certaines réactions de Vichy, pour le moins justifiées.      

 

Gamelin escompte aussi et surtout… attendre l’attaque allemande et la chute des neutralités belge et hollandaise pour intégrer leurs troupes dans une vaste coalition franco-anglo-belgeo-hollandaise incluant mêmes des débris de l’armée polonaise pour ceux qui, via la Roumanie amie, auront réussi à nous rejoindre (2 brigades pourront ainsi être créées (1 utilisée à Narvik) ainsi qu’une escadrille de chasse) et 4 régiments de Légion Etrangère issus des espagnols républicains. Ainsi, il escompte obtenir la supériorité numérique alliée aux 6 à 7 divisions blindées aptes à contrer les 10 Pz.D allemandes et leur infanterie motorisée d’accompagnement qui ne s’appellent pas encore Panzergrenadier mais Panzerschützen.

 

Disons-le franchement, le calcul n’est pas forcément mauvais, mais il eusse été préférable, même avec une seule DCr et une seule DLM disponible en septembre-octobre 39, enfoncer le front allemand de l’Ouest du Gal von Leeb qui n’était composé que de… 11 divisions, dont la plupart de réserve qui plus est, le reste étant en Pologne.

 

Malheureusement, ce plan ne tient pas compte d’une donnée importante (et c’est là que l’on voit l’importance de tout ce qui précède pour comprendre ce qui va suivre), c'est-à-dire de la séparation des divisions belges en unités wallonnes et unités flamandes. Car l’armée belge de 1940, n’est pas celle de 1914 sous commandement quasi exclusif de francophones, francophones de l’élite aussi bien wallonne, bruxelloise que… flamande.

 

Suite au prochain N°.

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