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le blog poilagratter

Merci Jacques Martin !

17 Septembre 2007 , Rédigé par momo Publié dans #Sociétal


Fidèle à notre tradition de « Tire sur tout ce qui bouge » (le surnom que l’on nous a donné), nous avions forte envie depuis longtemps de tordre le cou à cette habitude à la fois patriarcale et thanatheunique de chanter les louanges de toute personne qui vient de décéder.

Au pire, lorsque c’est quelqu’un de mal aimé, on lira : « c’était une forte personnalité (traduction : un véritable fumier) » ou encore : « on était pas toujours d’accord (traduction : il m’a crassé la gueule plus d’une fois) ». Seul Le Pen échappera à la règle du fait de la soumission de la quasi-totalité de la classe politique aux diktats d’un parti qui fait 1.2 % des voix.

Pour ce qui est de Jacques Martin on voudrait que les français se souviennent aussi que c’est un personnage bien typique de notre paysage humain... y compris dans nos pires défauts.

Dans les années 70, il y avait quelqu’un qui s’appelait Jacques Borel, mauvais cuisinier mais bon commerçant. Il inventa (car ce n’est pas une invention américaine) le fast-food avec ses Wimpy (les anciens doivent bien s’en souvenir). Il obtint même le monopole de la restauration sur autoroute et commençait à s’étendre à l’étranger (j’ai bien connu le Wimpy d’Amsterdam comme celui de la Gare du Nord à Paris). Un titre sanctionnait la naissance d’une des rares multinationales françaises : Jacques Borel International.

Quand soudain, le cauchemar apparu dans ce pays où depuis 1793 aucune tête ne doit dépasser et être tranchée.

Il prit la forme du Grand Inquisiteur Jacques Martin et de son « Petit Rapporteur », une équipe composée que de mec par ce personnage franchement macho et sexiste et qui dut son acceptation par le Système à sa défense systématique des valeurs patriarcales (jusqu’à des relents pétainistes parfois) au moment où la génération hippie (la mienne) remettait tout cela en cause.

Et ce fut le lynchage en règle (y’a pas d’autres mots), j’étais adolescent à l’époque et c’était loin de me faire rire comme ce fut le cas de la plupart des gens ; c’était à vomir. Même le physique de J. Borel fut attaqué (petit, rondouillard, petite moustache, voie nasillarde, etc…). Remarquable commerçant (chose rare dans ce pays qui n’a jamais eu le sens du commerce) comme on l’a vu, JB était aux antipodes d’une chose naissante qui allait prendre une importance démesurée : la communication. C’était l’époque ou la « réclame » commençait à être remplacée par la « publicité ».

Le résultat ne se fit pas attendre, le titre chuta en Bourse, JB International fut racheté (écoeuré, JB finit par s’éxiler au Brésil) et les Wimpy’s disparurent du paysage.

Quelques années plus tard à peine, l’on vit ressurgir le même petit pain rond à grains de sésame avec steak haché, rondelle de tomate, lamelle de Gouda, oignons, feuille de salade et Ketchup à l’intérieur, exactement le même, sous un autre nom de marque : Mac Donald.

Et ce qui était en train de devenir une multinationale française devint américaine et rapporte aujourd’hui des milliards aux USA et pas un sou pour nous.

 

Fidèle à notre tradition de « Tire sur tout ce qui bouge » (le surnom que l’on nous a donné), nous avions forte envie depuis longtemps de tordre le cou à cette habitude à la fois patriarcale et thanatheunique de chanter les louanges de toute personne qui vient de décéder.

Au pire, lorsque c’est quelqu’un de mal aimé, on lira : « c’était une forte personnalité (traduction : un véritable fumier) » ou encore : « on était pas toujours d’accord (traduction : il m’a crassé la gueule plus d’une fois) ». Seul Le Pen échappera à la règle du fait de la soumission de la quasi-totalité de la classe politique aux diktats d’un parti qui fait 1.2 % des voix.

Pour ce qui est de Jacques Martin on voudrait que les français se souviennent aussi que c’est un personnage bien typique de notre paysage humain... y compris dans nos pires défauts.

Dans les années 70, il y avait quelqu’un qui s’appelait Jacques Borel, mauvais cuisinier mais bon commerçant. Il inventa (car ce n’est pas une invention américaine) le fast-food avec ses Wimpy (les anciens doivent bien s’en souvenir). Il obtint même le monopole de la restauration sur autoroute et commençait à s’étendre à l’étranger (j’ai bien connu le Wimpy d’Amsterdam comme celui de la Gare du Nord à Paris). Un titre sanctionnait la naissance d’une des rares multinationales françaises : Jacques Borel International.

Quand soudain, le cauchemar apparu dans ce pays où depuis 1793 aucune tête ne doit dépasser et être tranchée.

Il prit la forme du Grand Inquisiteur Jacques Martin et de son « Petit Rapporteur », une équipe composée que de mec par ce personnage franchement macho et sexiste et qui dut son acceptation par le Système à sa défense systématique des valeurs patriarcales (jusqu’à des relents pétainistes parfois) au moment où la génération hippie (la mienne) remettait tout cela en cause.

Et ce fut le lynchage en règle (y’a pas d’autres mots), j’étais adolescent à l’époque et c’était loin de me faire rire comme ce fut le cas de la plupart des gens ; c’était à vomir. Même le physique de J. Borel fut attaqué (petit, rondouillard, petite moustache, voie nasillarde, etc…). Remarquable commerçant (chose rare dans ce pays qui n’a jamais eu le sens du commerce) comme on l’a vu, JB était aux antipodes d’une chose naissante qui allait prendre une importance démesurée : la communication. C’était l’époque ou la « réclame » commençait à être remplacée par la « publicité ».

Le résultat ne se fit pas attendre, le titre chuta en Bourse, JB International fut racheté (écoeuré, JB finit par s’éxiler au Brésil) et les Wimpy’s disparurent du paysage.

Quelques années plus tard à peine, l’on vit ressurgir le même petit pain rond à grains de sésame avec steak haché, rondelle de tomate, lamelle de Gouda, oignons, feuille de salade et Ketchup à l’intérieur, exactement le même, sous un autre nom de marque : Mac Donald.

Et ce qui était en train de devenir une multinationale française devint américaine et rapporte aujourd’hui des milliards aux USA et pas un sou pour nous.

Merci Jacques Martin !

Les panégyriques de Jacques Martin disent qu’il fut le 1er à introduire l’insolence à la télé. C’est oublier à la fois Coluche et surtout les « chansonniers », ce petit monde de la radio et du théâtre de boulevard d’avant la télé, dont Jacques Martin était issue, et ô combien plus insolent (il y revint d’ailleurs, avec les « Grosses têtes »). Par contre, à l’exception notoire de Desproges, il ouvrit la voie à des hurluberlus comme Collaro dont le scatologique Groland et cette monstruosité d’abêtissement sous-culturé qu’est Kamelot sont les biens tristes héritiers.

 

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Les panégyriques de Jacques Martin disent qu’il fut le 1er à introduire l’insolence à la télé. C’est oublier à la fois Coluche et surtout les « chansonniers », ce petit monde de la radio et du théâtre de boulevard d’avant la télé, dont Jacques Martin était issue, et ô combien plus insolent (il y revint d’ailleurs, avec les « Grosses têtes »). Par contre, à l’exception notoire de Desproges, il ouvrit la voie à des hurluberlus comme Collaro dont le scatologique Groland et cette monstruosité d’abêtissement sous-culturé qu’est Kamelot sont les biens tristes héritiers.

 

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