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le blog poilagratter

Mai 68 : ce que ce fut, ce qu’il en reste, ce qui est passé aux oubliettes.

4 Mai 2008 , Rédigé par momo Publié dans #Histoire

Mai 68 : ce que ce fut, ce qu’il en reste, ce qui est passé aux oubliettes.

 

Un excellent instrument d’analyse est le N° spécial du Parisien du 28/4. Ce N° se revendique comme abordant, point par point, tout ce qui a caractérisé mai 68.

 

Economiquement : un bilan mitigé. D’un côté une hausse continuelle du niveau de vie, pas de chômage et l’entrée dans un hédonisme matérialiste revendiqué par capitaliste et communisme mais le Parisien semble ignoré que les hippies rejettent cette société de consommation.

D’un autre côté la crise du logement (déjà) qu’aggrave le relogement des pieds-noirs, mais aussi, ce qu’oublie le Parisien, l’extension des banlieues, l’apparition des « villes nouvelles », le culte d’un petit pavillon individuel à l’époque encore accessible aux pauvres et une hausse des prix des loyers et de l’immobilier à Paris qui n’a jamais cessée.

 

Par contre, le Parisien relève bien qu’il n’y pas une femme à Grenelle et que l’égalité H-F n’y est même pas abordée (par les communistes, NDLR). S’il parle de la mini-jupe, la Révolution sexuelle n’est pas abordée (le mot n’est même pas prononcé) au contraire de la place exagérée qu’il accorde aux syndicats qui ne furent que des boulets pour ne pas dire des traîtres et qui s’entendirent très vite avec le pouvoir pour, en se le partageant (le véritable but de Grenelle qui attribue la manne des comités d’entreprise aux syndicats) sur le dos des travailleurs, renvoyèrent ces derniers à leur esclavage. Restait plus qu’à écraser les étudiants, isolés, dont une minorité se réfugia sur le Larzac.

 

N’est pas abordée non plus, les communautés hippies (le mot n’est même pas prononcé non plus), de même que le rock. La plus grande révolution musicale de tous les temps sans laquelle on ne peut comprendre non plus mai 68, indissociable de Woodstock.

Le pop-art non plus (Andy Warhol).

Pas un mot sur l’Ecologie inventée dans ces communautés.

 

Le Parisien nous parle bien des voyages qui forment la jeunesse (partir à Katmandou en stop) et qui sont à l’origine de Nouvelles Frontières (mais aussi du Routard NDLR), mais aussi d’une révolution dans les séjours fixes : le Club Méditerrané. Mais en oubliant l’usine à partouzes qu’il fut dont les films les bronzés ne donnent qu’une idée soft. Le Club d’aujourd’hui et son actuelle clientèle n’ont plus rien à voir avec ce que ce fut qui dépasse l’imagination. Quelque chose de jamais vu avant… et que l’on ne reverra probablement jamais.

 

On nous parle de l’informatique… alors qu’elle ne rentrera dans la vie professionnelle que 20 ans plus tard (en faisant de l’employé un esclave) et dans la vie privée 10 de plus. Par contre, pas un mot sur la réflexion sur la civilisation des loisirs et sur l’apparition de ces esclaves domestiques que sont justement robots et ordinateurs, civilisation des loisirs rendue possible grâce à ce que Paul Lafargue proposait déjà avec l’arrivé de la machine à vapeur et que les philosophes grecs prônaient grâce à l’esclavage humain.

 

Pas un mot sur la conquête de l’Espace, sur Prague, la guerre froide, le Viêt-Nam, les drogues, le Biafra, les maos, etc… mais aussi le renouveau de la SF (celle qui apparaît en cette fin de décennie est bien différente de celle des années 50).

 

Pas un mot sur la fermeture du Familistère de Godin à Guise, conséquence de Grenelle justement, alors que Grenelle aurait du étendre le principe du familistère à toutes les entreprises.

 

Pas un mot sur le sport où l’on est passé d’une époque où il suffisait de quelques semaines d’entraînement maximal (Colette Besson) à 10 ans à plein temps… et à des salaires mirobolants. Sans parler de la révolution dans la pratique elle-même (football total d’Ajax d’Amsterdam et du Bayern de Munich, saut en hauteur en « fox », etc…).

 

Pas un mot sur la moto. C’est en 1968 que sort Easy Reader avec Dennis Hopper, Peter Fonda, révèle le jeune Jack Nickolson et fait l’apologie de l’Electra Glide d’Harley Davidson.

C’est en 1968 que débarque aussi la 1ère d’une longue série de japonaises. La 750 cm3 de Honda, 4 cylindres en ligne face à la route, un concept révolutionnaire, surnommée « 4 pattes » pour ces 4 pots d’échappements.  

 

Un supplément bien pauvre pour une époque (dont mai 68 fut l’événement éponyme), qui fut, elle, si riche que plusieurs livres auront bien du mal à l’épuiser.

Car mai 68 a marqué les esprits.

Certaines choses sont tellement rentrées dans le quotidien (la pilule par exemple) que l’évoquer fait ringard. Mais ce que les jeunes oublient (et les anciens qui sont passés à côté), c’est l’utilisation que l’on en a faite que le SIDA, le retour de la réaction patriarcale religieuse, des valeurs comme le mariage, a rendu presque impossible… et surtout impensable pour des jeunes qui s’en fond une idée déformée autant par la pornographie que par l’islamisation rampante de leurs cerveaux. Et là, c’est les jeunes qui sont ringards !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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